La culture, le gène et le virus

#memetics #mémétique

La culture, le gène et le virus
La mémétique en question

Dominique Guillo

Le darwinisme va-t-il « phagocyter» les sciences sociales ? Depuis quelques décennies, les explications néo-darwiniennes de l’esprit, de la société et de la culture s’installent durablement dans le paysage intellectuel international, appuyées sur le développement considérable de la biologie de l’évolution, des sciences cognitives et de l’éthologie. Toutefois, elles ne parviennent pas à s’imposer dans le champ qu’elles prétendent révolutionner: celui des sciences sociales, qui les rejettent en bloc en invoquant souvent les affinités que ces théories présenteraient avec des idéologies inégalitaires et discriminatoires. S’il est incontestable que certaines théories de l’homme et de la société inspirées par le darwinisme ont pu servir de paravent à pareilles idéologies, une telle posture critique n’est guère suffisante. D’abord, parce que ces théories présentent de très nettes différences. Ensuite, parce qu’une critique scientifique solide ne peut s’établir que sur une rigoureuse évaluation interne, théorique et empirique des modèles.

Tel est l’objectif de cet ouvrage, qui porte sur l’un de ces paradigmes néo-darwiniens actuels, nommé « mémétique ».


Plutôt que de proposer une synthèse et une appréciation en fin de lecture, je vais noter directement mes remarques, plutôt laconiques pour la plupart, au fur et à mesure que j’avance. Il est donc à prévoir que ce post subira des modifications; je vais juste rayer le texte que je remplacerai, pour ne pas tricher et que pour les trois pelés qui le liront s’y retrouvent.
La notation va en suivant les chapitres/sous-chapitres de l’ouvrage, avec initialisation pour chaque chapitre.

Rappel pour ceux qui débarquent, je n’ai rien d’un méméticien et je ne le serai fort probablement jamais; mon intérêt porte essentiellement à l’interphase entre mèmes et biologie synthétique et je n’ai que faire de l’application de la mémétique en science humaines en particulier.

Introduction

la vie psychique, ahem, psychique ? -1

  1. l’absorption des science humaines par les sciences de la vie, les sciences humaines sont un sous-ensemble des sciences de la vie, de facto. Les distinguer autrement suppose que l’on considère H. sapiens comme une nature morte ou qu’on lui reconnaît une composante non naturaliste.

néo-darwiniens, argh, quelle staunerie par Athéna, darwiniste pas darwinien, ça commence bien ! -1

  1. Effectivement, il y a plein de modèles très différents en mémétique et associées. Que le meilleur gagne !
  2. Par exemple, les modèles incluant « échelle des êtres », « téléologie », « anthopocentrisme », ou « conception essentialiste de l’espèce » peuvent être mis de côté a priori.
  3. Les approches réductionnistes opposées aux autres approches ! Que c’est dommage de bâtir une frontière entre des approches qui sont complémentaires pour une étude.
  4. La culture serait donc le substrat d’une dynamique évolutive propre, analogue à celle des gènes, mais, pour cette raison même, autonome vis-à-vis d’eux. Heh ! Je sens que je vais en bouffer de l’analogie🙂 Autonome certes fort probablement. Ce qui n’exclue pas les interactions, n’est-ce pas ? Est-ce qu’il va pointer ce fait ?
  5. Et les débats sont actuellement très vifs entre les premiers et les seconds Yeah ! de la compétition de mèmes😀 De la bagarre, comment ne pas avoir envie d’en être ? A défaut de saloon un pub ferait l’affaire; au lieu de ça c’est le Net avec un mug de café😦
  6. C’est très agréable de noter qu’il prend en compte des travaux qui n’utilisent pas les termes « mème » et « mémétique » mais qui relèvent du sujet. +1
  7. le naturalisme néo-darwinien analogique contemporain […] est décrit comme un avatar du naturalisme réductionniste Merde alors, et voilà que Tort est référencé😦 On est mal barrés là. Enfin, je suis mal barré.
  8. Dans ce registre, l’on cherche exclusivement à procéder à une évaluation théorique et empirique des arguments développés dans le cadre de ces théories, excellent ! Reste à voir si il va s’y tenir.
  9. A venir donc : le concept de « réplicateur« , le concept de sélection, l’arbre généalogique (punaise ce qu’il bafouille là ! ça risque d’être le bordel plus loin😦 ), oh lala !
    Et les réflexions sur les mèmes semblent dans certains cas satisfaire davantage la quête quasi-métaphysique d’une explication ultime et uniforme du monde phénoménal plutôt que la recherche de clés explicatives pour tel ou tel phénomène socio-anthropologique, clés destinées à être évaluées uniquement à l’aune de leur capacité à faire découvrir des phénomènes nouveaux ou à formuler des hypothèses fécondes.

    C’est le cas souvent, so what? C’est le domaine favori des philosophes, n’est-ce pas ? Ca n’a rien à voir avec les modèles proposés par la mémétique en tant que science. Je croyais qu’il allait s’en tenir à ça😦


Chapitre premier : Une théorie générale de l’évolution

  1. En conséquence, bien que le courant soit fréquemment désigné à travers le même vocable unitaire – la « mémétique » -, les modèles dont il se compose peuvent être assez divers par le vocabulaire ou la méthodologie employés et, parfois également, par quelques arguments et hypothèses. +1 J’apprécie beaucoup le fait de prendre en compte la diversité du domaine, surtout quant aux travaux qui ne se réclament pas expressément de la mémétique. Ce que je doute est l’extension à des sujets qui n’ont rien à faire avec l’objectif présenté (Intro – 9).
  2. Il serait également agréable de voir les analogies se restreindre aux modèles génocentrés.
  3. Les réplicateurs sont, selon la définition qu’en donnent les méméticiens, des unités d’information qui ont la faculté de produire des copies fidèles d’elles-mêmes à partir des ressources matérielles fournies par leur milieu. Je pense qu’à partir des ressources fournies par le milieu serait plus juste, de crainte d’oublier quelque chose, y compris la possible contribution d’autres mèmes.
  4. Les variantes des mèmes sont évoquées, mais je ne vois pas pourquoi pas en termes d’allèles.
  5. Puisque les méméticiens admettent généralement que cette capacité de retrouve également chez certaines espèces animales, pourquoi restreindre à l’espèce humaine est dotée d’un cerveau capable d’apprendre d’autrui certaines conduites ou certaines idées ? Ce putain d’anthropocentrisme est probablement un facteur inhibiteur puissant pour le développement de la réflexion autour de la mémétique.
  6. Grâce à cette capacité, une information peut donc se transmettre d’un individu-émetteur à un individu-récepteur à travers la communication, tout comme l’information génétique se transmet des parents aux enfants à travers la reproduction.🙂 Là le flou s’installe et je crains qu’il ne produise des malentendus pour la suite sur la base d’une analogie qui ne vaut pas le quart d’une cacahuète. La duplication de l’information génétique, sous forme de molécules d’acides nucléiques, n’implique pas des individus, mais des molécules. Comment ces molécules vont être distribuées à la descendance d’un individu (et suivant quelles modalités) ou transmises à d’autres individus horizontalement, est une autre question.
  7. Ce sont là autant de variantes nouvelles qui, une fois apparues, entreraient en concurrence pour la réplication avec les variantes anciennes. Entreraient ? Pas entrent ? Il y a d’un côté les faits, l’observable et de l’autre l’interprétation qu’on leur donne, les modèles qu’on en tire. On peut être sceptique aux sujet des derniers, mais il faut éviter de le devenir des premiers sans une excellente raison. Les variantes entrent en compétition.
  8. En effet, décrire l’évolution culturelle comme un processus analogue à l’évolution biologique, c’est, dans le même temps, la considérer comme un processus qui a une dynamique propre, laquelle ne saurait être considérée, en conséquence, comme le produit ou l’expression de l’évolution des gènes. Bingo ! Mais il faut aussi garder en tête, que tant que cette évolution culturelle concerne des organismes biologiques elle sera en interaction forte avec l’évolution biologique et que l’une pourra interférer avec l’autre. Le cadre mémétique tient une promesse, de pouvoir étendre l’étude de l’évolution culturelle au delà des organismes biologiques, là où les interactions entre génétique et mémétique seront faibles, ou éventuellement complètement absentes.
  9. Ainsi, une idée désavantageuse ou neutre en terme de survie de l’individu ou de propagation de ses gènes peut-elle fort bien constituer un mème très efficace. Et si on souhaite montrer une indépendance entre gènes et mèmes les exemples ne manquent pas.
  10. En résumé, les méméticiens développent une véritable théorie générale de l’évolution (TGE), censée valoir pour les traits biologiques comme pour les traits culturels, pour les gènes comme pour les mèmes, en un mot, pour les sciences de la vie comme pour les sciences sociales.🙂 Je ne pourrais jamais marcher dans cette distinction à la noix entre sciences de la vie et sociales. Les deuxièmes sont forcement un sous-groupe des premières. Ce qui n’enlève rien à leur spécificité thématique. Si bien entendu par sciences sociales on veut bien désigner celles des sciences qui étudient le phénomène social quel que soit les êtres vivants concernés, évitant soigneusement l’anthropocentrisme.
  11. « permettent de douter de la valeur heuristique de l’analogie« ,🙂 hors contexte la phrase me semble correcte, mais ça serait malhonnête de la garder hors contexte, cet extrait est peut-être suffisant pour présenter ce que Guillo avance: les propositions essentielles formulées par les représentants de ce courant de pensée soulèvent de nombreuses difficultés, qui permettent de douter de la valeur heuristique de l’analogie
  12. La première difficulté […] tient aux ambiguïtés qui entourent le concept de réplicateur culturel ou, si l’on veut, de mème, et comment qu’on veut !🙂


Chapitre deuxième : Le mème : une entité mystérieuse

  1. En effet, une telle entreprise théorique impose que l’on donne un sens extrêmement précis aux concepts mobilisés, quitte à parfois marquer les différences entre les deux domaines, le biologique et le culturel.
    Cet impératif doit être observé avec une vigilance et un soin tout particuliers lorsque le cheminement suivi pour construire un modèle s’appui, comme c’est ici le cas, sur un raisonnement analogique.
    On ne peut ne pas être d’accord avec Dominique Guillo sur ce point. Seulement lui-même semble ne pas être aussi vigilant qu’il le conseille. En « chap 1 – 6 » il confond sans aucun complexe le processus de réplication et la transmission aux descendants. Si on veut comparer « une information peut donc se transmettre d’un individu-émetteur à un individu-récepteur à travers la communication » avec un événement impliquant des éléments génétiques le plus proche sera probablement le transfert horizontal des gènes, facilité ou non, certainement pas la reproduction. En toute rigueur on peut dire que l’on a transmission d’information d’une molécule qui servira de matrice pour la réplication à une molécule qui en résulte. Comment ces deux molécules vont circuler par la suite c’est une autres paire de manches. En fait rien n’indique à ce stade que l’une ou l’autre auront l’occasion de s’exprimer. Ni dans le cas de l’info encodant le gène, ni dans le cas de l’info encodant le mème.
    Je m’attends à trouver d’autres points du même genre plus loin dans ma lecture, qui sera interrompue ici parce que je crève la dalle.
  2. « entités [les mèmes] rigoureusement analogues aux gènes » – Cette affaire de l’analogie semble pourrir le sujet comme pas possible. Déjà si on se concentrait sur l’analogie de variation/transmission/sélection entre les deux systèmes de traitement d’information ça serait vraiment pas mal; si et seulement si ils sont analogues à ce niveau ça vaut la peine d’aller chercher plus loin, non ?
  3. « Se contenter de cet argument, c’est, en effet, s’en tenir à une explication semblable à celle d’un biologiste qui prétendrait rendre compte de l’évolution du vivant en invoquant simplement le phénomène de la reproduction et de la ressemblance entre les parents et les enfants, ignorant ainsi les mécanismes de l’hérédité. » – Heh, changez « biologiste » par « naturaliste » et vous avez la description de Darwin et Wallace, ou même Lamarck. Même en connaissant les lois de l’hérédité du père Mendel il a fallu plus de temps pour connaître les mécanismes. Si ce n’était pas un historien des sciences qui parle je pourrais comprendre cette remarque. Ca n’exclut pas de bosser la question de la définition du mème, mais faut-il en faire un préalable pour tester si le mécanisme de l’évolution culturelle est darwinien ou non ?
  4. yep, imitation stricte
  5. « Ainsi, s’il était démontré que des mécanismes génétiques sont impliqués dans l’aversion pour les rélations sexuelles entre apparentés que l’on observe dans les sociétés humaines, on ne pourrait considérer l’interdit de l’inceste – du moins les dispositions qui le sous-tendent – comme un mème« . OK pour les dispositions qui le sous-tendent. Par contre rien n’empêche des dispositions mémétiques d’aller dans le même sens que les dispositions génétiques, agir en synergie. La conclusion que « les croyances qui pourraient procéder d’opérations mentales effectuées par des modules cérébraux innés devraient être exclues de l’ensemble des mèmes » est pour le moins arbitraire.
    On peut prédire que la sélection aussi bien des gènes que des mèmes seraient accordées pour éviter la détérioration de leurs porteurs, ou qu’au moins ceux qui seraient néfastes pour eux disparaitraient rapidement. On peut prédire que la synergie gènes/mèmes serait plus fréquente que l’antagonisme (rien à dire au sujet des relations neutres pour l’instant).
  6. Le titre du sous-chapitre 2.3, « Un domaine restreint aux phénomènes de transmission culturelle passive » est pour le moins bizarre. Il m’a fait tiquer. J’ai sauté au plafond en arrivant à « L’esprit est ici actif, et non passif, comme c’est le cas dans le mécanisme d’imitation stricto sensu.« . Même l’observation, la première phase de l’imitation, je ne dirais pas qu’elle est passive, encore moins l’acte d’imitation. Si on veut définir l’imitation autrement qu’en tant qu’acte il faudrait revoir tous les dicos en passant. Je crains que l’on part sur une fausse piste là.

A ce point, déjà, il y a deux promesses qui ne sont pas tenues, une explicite concernant l’évaluation des modèles mémétiques de l’intérieur, avec des restriction éventuelles pour approcher leur définition, issues d’autres hypothèses, une implicite concernant la façon d’aborder le sujet de la part d’un historien des sciences avec l’inversion de l’histoire entre évolution biologique et évolution mémétique. Impossible de donner plus que la moyenne en appréciation générale.

  1. « Notre objectif est seulement […] de circonscrire avec précision le champ des phénomènes dans lesquels peuvent exister les mèmes : s’ils existent, on les trouvera donc dans l’ensemble formé par les phénomènes d’apprentissage social passif. » – Eh non ! Ce « passif » est de trop. On peut exclure le local enhancement pour le ranger avec l’émulation, mais pas restreindre les mèmes dans les phénomènes d’apprentissage social (ou pas) passifs.
  2. Ah ! la fidélité des réplicateurs. Là où on en est sûrs et certains, c’est au sujet des réplicateurs biologiques : elle est variable et elle a probablement évolué en augmentant en parallèle avec une augmentation de la variabilité phénotypique (au moins moléculaire) intrinsèque. En sortant du domaine anthropo-centré, dans lequel évoluent pour l’instant les réflexions de D. Guillo, on constate que la fidélité de réplicateurs mémétiques serait également variable suivant les systèmes.
  3. « Or, pour être communiqués, ils doivent être traduits du langage mental dans un langage signal susceptible de permettre à autrui de les recevoir et de les traduire à nouveau dans son langage mental (Augner 200b, p214). » – la remarque de Augner est excellente. Je pense qu’il y a beaucoup à dire là dessus au sujet de la définition du mème.
  4. Il semble qu’il y a une distinction entre phénotype (génétiquement déterminé) et phémotype (mémétiquement déterminé) avec phénotypique et phémotypique comme adjectifs respéctivement.
  5. « En conséquence, si les mèmes existent, ils ne sauraient être confondus avec les attributs des interacteurs, c’est-à-dire avec les comportements effectifs ou les croyances observables chez les individus. » – Ah ! Et pourquoi donc ? SI ce n’est pas observables, comment pourrait-il être imité ?
  6. « Et l’on peut soutenir la même argumentation à propos des artefacts : une poterie concrète est, au mieux, l’expression phémotypique du mème relatif à la poterie. » – Du ou des mèmes. Plutôt « des », ceux qui permettent de la produire (de l’obtention de l’argile au tournage en passant par la construction du tour, à la cuisson, en passant par la construction du four, à la décoration, en passant…, etc.), ceux qui permettent de s’en servir. Tant qu’à faire, soyons réductionnistes à fond😉 Le « mème relatif à la poterie » me semble bien vague pour être quelque chose d’imitable.
  7. « Les mèmes ne sont pas des réseaux de neurones. » – Yep.
  8. Ah ! les représentations d’un mème, un sujet aussi flou que le « mème de la poterie ». Je reviendrai dessus en synthèse.
  9. « un mème peut être désavantageux du point de vue biologique » – ou avantageux, ou neutre. Tout comme les gènes entre eux et les gènes versus les mèmes.
  10. « Mémétique versus psychologie évolutionniste et anthropologie cognitive » – autant pour l’examen de l’intérieur, j’appelle ça du hors sujet
  11. Mais ça permet d’aborder un point très intéressant : l’hypothèse que croyances et conduites culturelles dérivent de modules mentaux innés est très intéressante.
  12. Ca ne veut pas dire que la culture soit initialement présente dans le cerveau et qu’elle ne puisse pas être transmise. — Par exemple, la tendance à l’imitation est innée🙂
  13. « dans le cas où la transmission de fait par l ediscours oral ou écrit, le contenu sémantique présent dans l’esprit de l’individu émetteur doit être traduit dans le langage ordinaire » – ce qui fait que le mème se trouve doté d’une forme syntaxique que Dennett cherche.
  14. « Or, si l’esprit est actif, la transmission de l’information ne peut être considérée comme un simple processus de copie – nécessairement passif – ou, si l’on veut, d’imitation. » Et hop ! Non, l’imitation n’est pas un processus passif. L’observation n’est pas un processus passif. La mémorisation n’est pas un processus passif. La mobilisation des effecteurs ad hoc pour reproduire le trait phémotypique [pas de typo] n’est pas un processus passif. Le réplicateur sert de matrice au processus (au moins pour les gènes), il participe de façon catalytique.
  15. « En un mot, il existerait des croyances et des conduites stables et répandues dans les sociétés parce qu’il existerait chez la plupart des humains de semblables dispositions naturelles à les développer. » – Il est difficile d’imaginer qu’il ne puisse pas y avoir des dispositions naturelles communes entre individus d’une même espèce. Tiens, par exemple cette tendance à l’imitation, innée.
  16. « Dans beaucoup de cas, la transmission de l’information culturelle n’est manifestement pas un processus de copie passive » – Y compris dans le cadre de l’hypothèse de la transmission mémétique.
  17. J’adore l’idée de « pensée populationnelle », mais je pense populations d’allèles.
  18. « Il n’est pas nécessaire d’avoir une connaissance parfaite des mécanismes physiques qui sous-tendent la pensée pour pouvoir bâtir une théorie de l’esprit fiable et prédictive » – j’ai failli applaudir, mais c’est encore tonton Dennett qui est cité, pas la peine de plus d’applaudissements.
  19. Il va falloir que j’accompagne ma synthèse d’une loooongue explication des mécanismes de réplication de l’information biologique, je crains. Juste pour montrer l’activité de la chose.
  20. « et à leur focalisation sur les mécanismes d’imitation, de transmission passive de l’information culturelle » – on ne s’en sort pas.
  21. « La réplication est un mécanisme qui se définit – et doit se définir – indépendamment de doute considération sur la fitness, donc sur la sélection » – Oh là !
    Au moins en ce qui concerne les réplicateurs biologiques cette assertion est fausse. Tout réplicon qui se respecte a au moins une origine de réplication qui en fait un réplicateur. Au moins parce que j’en ai manipulé des réplicons avec quatre (4) origines de réplication différentes, qui dans certaines circonstances peuvent même s’installer sur le chromosome de l’hôte pour jouir des origines de réplication chromosomales. Des origines de réplication qui sont fonctionnelles dans des circonstances différentes. Dans certaines conditions favorables pour l’une, de ses origines de réplication, la fitness des trois autres est nulle, dans d’autres circonstances deux d’entre elles peuvent se montrer de fitness quasi-équivalente, la quatrième est adaptée pour un environnement où les trois autres sont inactives. L’une d’elle est l’origine de réplication du phage fd, un inovirus, bactériophage. Un type de répliconq sur lequel je l’ai travaillée ne contient pas l’information génétique codant pour son exploitation (phagemides). Si on infécte une bactérie avec un inovirus dont l’origine de réplication est défectueuse (phage helper), le virus va produire le nécessaire pour répliquer le phagemide, et l’empaqueter et l’exporter sous forme de virions ! Au dépens de son propre génome. C’est possible parce qu’une mutation sur l’origine de réplication du phage helper fait que la réplication de son génome est défavorisée (d’un facteur 1000 à peu près). – THM: la fitness est aussi, fonction de l’efficacité de la réplication
    Tant qu’à faire, pousser l’analogie jusqu’au bout, n’est-ce pas ?
  22. voir 28
  23. « Voilà pourquoi, pour définir la réplication culturelle, base de leur modèle, les méméticiens sont amenés – condamnés – à se focaliser sur les mécanismes de transmission passifs; autrement dir sur l’imitation » – va falloir tuer ce mème, il fout le bordel.
  24. « par exemple, dans une société, le mème – plus exactement le « mèmeplexe » – « Dieu existe » occupe un certain nombre d’esprits, les autres étant occupés par le mème « Dieu n’existe pas » ou le mème « je ne sais pas si Dieu existe ou n’existe pas ». » – il est évident que l’exemple est erroné. Les trois mèmes peuvent être portés par le même individu, par exemple moi, ou D. Guillo lui-même, on peut en être certains, puisqu’il les mentionne. L’un des trois s’exprime à un instant donné. Je suis athée et je pense le rester, mais je peux avoir une illumination et virer agnostique ou croyant (nul n’est à l’abri d’accidents), je ne serais pas le premier. L’inverse est aussi connu, des croyants qui virent agnostiques ou athées. – Quelque chose me disait que j’aurais probablement à argumenter dans ce sens et je me suis trouvé une belle analogie biologique : un gène dont l’expression réprime l’expression de gènes acquis par infection.
  25. « puisque la mémétique n’est pas réductionniste » – ça ce discute, ça se discute.
  26. L’expression « infra-culturalisme » pour qualifier la mémétique me semble bien imparfaite, indeed.
  27. Les mèmes des entités idéelles ? pourquoi pas…
  28. « En effet, il n’est pas exclu qu’en adoptant le meme’s eye view, c’est à dire le point de vue des idées, en cherchant à mettre au jour les stratégies qu’elles peuvent développer pour se substituer les unes aux autres… » – il y a d’abord cette équation idée = mème qui me semble prématurée, il y a ensuite la téléologie qui s’exsude du terme « stratégie » qui me gêne.
  29. aha ! il y aura de la généalogie des mèmes en chapitre 4🙂
  30. « par imitation passive pour les méméticiens les plus radicaux » – ouf ! ça va être pénible de continuer
  31. « En effet, comme on l’a souligné, dans le cadre de ces modèles, la réplication d’un mème, quelle que soit la définition que l’on en donne, ne peut s’expliquer par son adéquation avec telle ou telle disposition cognitive. » – Allez donc, virez moi l’environnement ça facilitera la discussion sur la réplication des gènes ! (dirait l’autre) – mais pas de réplication sans environnement:-/
  32. e bien sûr ça conduit inévitablement à mettre en compétition mèmes et leur environnement, comme si ça aurait un sens de mettre en compétition les gènes et leur environnement (dès la cellule l’environnement, des les molécules qui permettent leur réplication, y compris les séquences en cis nécessaires à leur réplication, les origines de réplication).
  33. Plusieurs points dans cette conclusion que je devrais discuter. Le nez dans le guidon des sciences humaines il est peut-être probable que l’on ait du mal à distinguer le rôle des algorithmes.

A suivre

  1. #1 par Jean-Pierre CRESPIN le janvier 24, 2010 - 4:12

    Juste quelques remarques de passage pour essayer de suivre ta réflexion…

    Introduction

    5. […] « Autonome certes fort probablement. Ce qui n’exclut pas les interactions, n’est-ce pas ? Est-ce qu’il va pointer ce fait ? »

    Yes ! Le mème autonome avec toutes les contraintes qui l’environnent… S’il s’agissait dans tous les cas d’une simple copie servile, je ne dis pas : les neurones miroirs serviraient eux-même de réplicateur simple et l’élément culturel serait répliqué à l’identique. Je crois qu’assez souvent c’est plus complexe… D. GUILLO utilise (je l’ai entendu dire cela) un exemple « didactique » dans le domaine du sport : le joueur de tennis qui reproduit par imitation (croit-il) le revers à deux mains d’un joueur connu et bien exposé sur les chaînes de télé (il croit que Borg fut l’inventeur et le promoteur de ce revers à deux mains mais ce n’est pas exact). Sans doute a-t-il été le modèle de nombreux tennismen en herbe (°!*) pour ce geste mais en fait cette « solution technique » dépend surtout de l’âge auquel les enfants abordent ce problème de revers. Comme de plus en plus ils y sont confrontés très jeunes c’est le plus souvent leur force musculaire (encore insuffisante) qui devient leur contrainte dominante, et j’en connais même qui pour cette raison ont adopté la prise à deux mains des deux côtés. (Gene MEYER, Hans de GILDEMEISTER, Fabrice SANTORO… l’un de mes enfants aussi.) Simple imitation ? Ça m’étonnerait ! Adaptation technique à un problème physique plutôt. Ce qui n’exclut pas pour d’autres joueurs la copie conforme du geste. Rien n’est à exclure.

    10. « À venir donc : le concept de « réplicateur » , le concept de sélection, l’arbre généalogique (punaise ce qu’il bafouille là ! ça risque d’être le bordel plus loin😦 ), oh la la ! »

    Ah ! C’est quoi le réplicateur ? Ce qui se réplique, qui fait des copies de soi-même ou la machine (machinerie) qui procède à sa duplication/réplication ? Dans le cas du revers du joueur de tennis, si ce geste est copié ce sont les neurones miroirs effecteurs qui jouent le rôle du réplicateur. Le mème qui en résulte est un réplicant ou un pattern répliqué, non ?
    La sélection, c’est ce que le joueur et éventuellement son entraîneur choisissent comme solution culturelle la plus favorable au jeu de l’intéressé. Dans le cas de pures copies par mimétisme ce sont les résultats globaux (statistiques) qui décerneront le « pompon » : revers à deux mains contre revers à une main. Il semble que le dilemme ne soit pas encore tranché. Par contre, aussi bien en tennis qu’en escrime, entre gaucher et droitier on a résolu le problème : les gauchers ont l’avantage.

    Chapitre premier : Une théorie générale de l’évolution

    3. « Les réplicateurs sont, selon la définition qu’en donnent les méméticiens, des unités d’information qui ont la faculté de produire des copies fidèles d’elles-mêmes à partir des ressources matérielles fournies par leur milieu. Je pense qu’à partir des ressources fournies par le milieu serait plus juste, de crainte d’oublier quelque chose, y compris la possible contribution d’autres mèmes. »

    Oui, toutes les ressources peuvent entrer en jeu en effet. Mais cette expression « unités d’information » n’est peut-être pas suffisante pour expliquer comment vont s’effectuer ces copies fidèles de ces unités d’information. Ce n’est pas l’unité d’information qui est son propre réplicateur. Elle se réplique certes mais par quels procédés, grâce à quel(s) système(s) ?
    Toujours ce problème avec les mots, bien plus qu’avec les phénomènes ou même parfois les procédures…
    Ça n’empêche que j’apprécie Dominique GUILLO. Il essaie d’analyser les théories darwiniennes de la propagation des mèmes dans les sociétés humaines de manière rigoureuse.

  2. #2 par Oldcola le janvier 25, 2010 - 10:43

    Jean-Pierre,
    j’ignore volontairement ton comm, le temps que j’ai fini ma lecture.
    Je reviendrai le lire à ce moment.

  1. mémétique – notes #11 « Coffee and Sci(ence)

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