mémétique – notes #7

L’hypothèse mémétique de Dawkins est inscrite dans une hypothèse plus large, celle du darwinisme universel (DU); on peut la voir comme un lemme sur le chemin de vérification du DU, concernant un domaine particulier d’information, l’information culturelle, restreinte à des ensembles d’objets aptes à échanger de l’information par imitation : pas directement par transfert du code, mais par imitation du phénotype, ce qui permet l’acquisition d’une nouvelle fonction par l’imitateur.

Avant d’aller plus loin dans ce raisonnement, et avec l’espoir qu’il ne se trouvera personne pour évoquer plus tard Platon, son démiurge et ses Formes, ce qui me fout les boules, je rappelle ici que j’ai une approche naturaliste du monde, excluant les êtres ou objets imaginaires comme agents causaux, et que je ne considère pas le chaos, qui effectivement contient la description de tous les possibles, comme une entité accessible. Alors, si vous n’avez pas la possibilité de m’organiser un RdV avec le démiurge pour que je fasse sa connaissance, ou vous ne disposez pas d’une nouvelle théorie de l’information dument validée par les experts du domaine, évitez de m’énerver pour rien. Même en plaisantant, suis fatigué en cette fin d’année.

Je garde précieusement le terme phénotype pour décrire ce qui est observable, indépendamment de l’information qui permet de le produire, j’éviterai ainsi certaines confusions.
Tant que j’y suis, je garde le terme algorithme pour décrire une séquence finie d’instructions qui permettent de résoudre un problème, indépendamment de la façon dont elles sont encodées et interprétées dans un système particulier.

Quand un système observe, il peut produire du ‘code’, quel que soit son type, permettant l’enregistrement de l’observé sous forme de mémoire(s). On ne peut faire de façon raisonnable la supposition que deux enregistrements mémoriels seront identiques, même s’ils sont réalisés par un système particulier à différents moments; au mieux ils seront similaires. Certains systèmes sont aptes à échanger des enregistrement mémoriels avec un minimum de variation lors du transfert de l’un à l’autre; il ne s’agit pas d’un événement d’imitation mais de mise en commun d’états mémoriels discrets, par transfert direct du code correspondant, ne rentrant pas dans la catégorie des (mi)memes.

Dans le cas d’imitation, ce qui est transféré d’un système à l’autre est une méthode permettant de reproduire un phénotype, indépendamment de la manière dont l’information nécessaire à la production du phénotype est encodée par le système émetteur et le système receveur.

Certains systèmes sont aptes à échanger des méthodes sous forme d’algorithmes qui seront implémentés par le système receveur en utilisant son type d’encodage propre, indépendamment du type utilisé par le système émetteur. L’algorithme agit ici comme élément facilitateur d’un événement d’imitation, de transfert de la méthode utilisée par le système émetteur. Ce qui est conservé durant le transfert est la méthode, mais le code permettant sa reproduction peut varier; je range ses événements dans la catégorie des imitations, les (mi)memes.

Un élément informationel obtenu par imitation est un (mi)meme si le phénotype correspondant est exprimé, reproduit. Il est encodé suivant le type du système qui le porte. Il permet la reproduction d’un phénotype, similaire à celui initialement obtenu, de façon plus ou moins fidèle suivant les capacités du système (émetteur ). Ce phénotype peut être imité par un autre système apte à l’observer (receveur) et produire un élément mémoriel permettant sa reproduction. Ainsi de suite, etc. et le reste

La méthode permettant de produire un phénotype peut être transcrite sous forme d’algorithme, le problème posé étant la reproduction du phénotype. L’algorithme est indépendant du type de code ayant produit le (mi)meme ayant servi à sa production et indépendant des types de codes qui seront utilisés pour l’utiliser aboutissant à la reproduction du phénotype.

On peut distinguer deux types d’observations/encodages suivant le type du système qui agit. Les systèmes biologiques ne disposent pas de solution permettant le partage des enregistrements directement, ils dépendent pour la diffusion de l’information suivant l’une ou l’autre des formes d’imitation, directement ou sous forme d’enregistrements.
Des systèmes non biologiques peuvent partager des éléments mémoriels à l’identique, par copie directe. Ce mode de transmission ne garantit pas la reproduction du phénotype à l’identique, les effecteurs disponibles pour interpréter le code n’étant pas nécessairement de capacités identiques ou disponibles.


Voyons les conséquences de ces quelques réflexions, qui invalident une grande partie de ma conception des mèmes et de la mémétique exposés dans les notes précédentes, mais permettent une formulation plus rigoureuse.

Le code est interprété par des effecteurs pour produire un phénotype.

Le phénotype peut être observé par un système qui peut l’encoder à nouveau sous forme de mémoire; le code produisant le phénotype est différent du code produit par le système qui réalise l’observation, il peut être de type différent.

Un code correspondant à un phénotype peut être transcrit sous forme d’algorithme, décrivant la méthode permettant d’obtenir le phénotype. Ceci permet une diffusion asynchrone du (mi)meme.

Un enregistrement mémoriel pouvant être partagé directement entre deux systèmes sans qu’il y ait une phase d’observation du phénotype nécessaire à l’imitation ne sera pas considéré comme un (mi)meme; il peut participer à un (mi)meme dès lors qu’il est interprété pour produire le phénotype et que celui-ci est imité par un système.

Qu’est-ce qu’il faut pour que l’on considère un (mi)meme ? Une quantité d’information interprétée pour produire un phénotype qui est imité.

Ceci suppose :

    • une quantité d’information,
    • un ensemble d’effecteurs permettant de la transformer en phénotype,
    • un autre système apte à

      • observer le phénotype,
      • le mémoriser,
      • doté des effecteurs nécessaire pour reproduire le phénotype,

      autrement dit, un autre système apte à imiter le phénotype.

Le (mi)meme correspond à l’ensemble 2.

On a une séparation claire, du code, du support du code (système nerveux pour les objets biologiques), des effecteurs, du phénotype et la définition du (mi)meme en tant que séquence d’événements permettant de reproduire un phénotype correspondant à une quantité d’information culturelle, nécessitant au moins deux systèmes capables de produire des phénotypes.

L’émetteur peut être un système biologique et le récepteur un système non biologique apte à mémoriser le phénotype.

La mémorisation du phénotype peut être directe ou sous forme d’algorithme permettant de le reproduire.

L’émetteur peut être un système non-biologique apte a exploiter un enregistrement du phénotype pour le reproduire, que l’enregistrement soit direct ou sous forme d’algorithme.

Le transfert d’un système à l’autre d’un enregistrement du phénotype, direct ou sous forme d’algorithme, n’est pas un (mi)meme, n’impliquant pas d’imitation.

Le décodage d’un algorithme par un système pour produire n’est pas un (mi)meme, n’impliquant pas d’imitation.


Voyons comment ça colle en considérant une chanson.

mim.jpg

  1. Le fait de composer une musique n’est pas un (mi)meme.
  2. Le fait d’écrire les paroles d’une chanson n’est pas un (mi)meme.
  3. Le fait d’interpréter une chanson (paroles et/ou musique) n’est pas un (mi)meme, c’est un phénotype, un observable si un système apte à observer est présent.
  4. Le fait d’observer l’interprétation d’une chanson n’est pas un (mi)meme.
  5. Le fait de mémoriser une chanson n’est pas un (mi)meme.
  6. Le fait de reproduire une chanson mémorisée n’est pas est un (mi)meme.

Les éléments 3 à 6 inclus constituent un (mi)meme, la réplication d’un phénotype : exprimé [3], observé [4], mémorisé [5] et reproduit [6].

Les éléments 3 et 6 impliquent la disponibilité de l’information nécessaire pour produire le phénotype et des effecteurs ad hoc.

L’élément 4 implique la disponibilité des capteurs nécessaires pour l’observation du phénotype.

L’élément 5 implique la disponibilité d’un système apte à mémoriser/encoder les signaux correspondant à un phénotype.


Un phénotype peut être observé et reproduit partiellement, si par exemple il est composé de musique + paroles + chorégraphie il pourra être partiellement observé/mémorisé/reproduit et ceci potentiellement suivant des modalités différentielles, par un aveugle et un sourd-muet, par exemple, le premier pouvant reproduire la partie sonore, le second la partie visuelle. Le premier devrait disposer du nécessaire (les connaissances linguistiques et/ou musicales ad hoc dans le cas de cet exemple) pour pouvoir séparer la partie musicale des paroles. Un (mi)meme peut concerner une fraction du phénotype.

Le fait d’écrire les paroles et la partition, correspondant à la chanson, est la production d’un algorithme, une fraction du phénotype suffisante pour qu’il puisse être reproduit, correspondant à l’étape [3] modifiée, la production de ce phénotype encodé fait appel à des effecteurs particuliers et des connaissances ad hoc de l’émetteur, qui doit savoir écrire, paroles et musique.
L’observation du phénotype encodé de la sorte requiert des facultés ad hoc du récepteur qui doit être apte à lire paroles et musique pour pouvoir observer [4] ce phénotype. La définition du (mi)meme n’est pas affectée, elle correspond toujours à l’ensemble des étapes 3 à 6, seules les modalités d’exécution de ces étapes est affectée, faisant appel à des effecteurs différents. La partition n’est pas une transcription du code correspondant à la musique et/ou les paroles dans le système d’origine, il s’agit bel et bien d’un phénotype encodé.

Le phénotype exprimé [3] peut être observé [4] et mémorisé [5] par un système enregistreur automatique produisant un état mémoriel qui peut être dupliqué et partagé (du cylindre de cire au DVD Blue Ray et au delà). Cet enregistrement peut être interprété par un système lecteur automatique reproduisant le phénotype [6]. Les étapes 3 à 6 sont parcourus, ceci correspond à la définition du (mi)meme. On a réplication du phénotype, sans faire intervenir une étape de re-encodage grâce à la possibilité de partager le code produit à l’étape 5. Pour l’instant, et en dehors du cadre de la SF, c’est une caractéristique de systèmes non biologiques.

A chaque phénotype particulier correspond un ensemble d’effecteurs qui peuvent appartenir au système qui produit le phénotype ou lui être adjoints de façon temporaire (outils) et un ensemble de capteurs qui peuvent appartenir au système qui observe le phénotype ou lui être adjoints de façon temporaire (outils). La disponibilité de ces effecteurs et capteurs conditionne l’efficacité de reproduction du phénotype qui peut être amputé par manque d’effecteurs [3] ou de capteurs [4] lors de la transmission directe d’un (mi)meme aboutissant à une version tronquée. Lors de la transmission sous forme d’algorithme (phénotype codé) des problèmes aboutissant à un (mi)meme tronqué peuvent survenir si le système réplicateur ne dispose pas de l’information nécessaire pour observer [4] les instructions de l’algorithme.

Un système peut décomposer une phénotype observé à des parties plus simples et les reproduire de façon indépendante, dans l’exemple de la chanson reproduisant uniquement la musique, ou juste la mélodie, reprenant les paroles sous forme non chantée, produisant des (mi)meme tronqués.

Un système peut combiner plusieurs phénotypes observés pour produire un nouveau phénotype, par exemple la musique entendue ou lue, les paroles entendues ou lues indépendamment, pour produire la chanson.

Deux (mi)meme peuvent recombiner au sein d’un système , ou une fraction de (mi)meme peut recombiner avec de l’information originale issue du système qui a encodé un phénotype. Un nouveau phénotype apparaît, une chanson mêlant une mélodie avec des nouvelles paroles ou les paroles sur une nouvelle mélodie. On a transmission partielle, tronquée, de l’un ou des deux (ou plus) (mi)memes.

Un (mi)meme correspond à l’acquisition par un système de la capacité de reproduire un phénotype et à l’expression de ce dernier tel qu’il a été observé, tronqué ou recombiné, suivant les capacités et besoins/envies du système l’exprimant en deuxième instance [6], cette deuxième instance correspondant à des fonctions qui peuvent être nouvelles.

L’écotope d’un (mi)meme correspond à l’ensemble des systèmes permettant sa propagation. On peut le définir suivant la disponibilité des effecteurs nécessaires pour la production du phénotype et des capteurs nécessaires pour pouvoir l’observer, ainsi que des systèmes facilitant décodage et encodage de l’information nécessaire à la production du phénotype.

Si deux (mi)meme correspondant strictement aux mêmes fonctions sont en compétition pour l’occupation d’un même écotope le plus économique sera avantagé.

Un (mi)meme sera d’autant plus propagé que ses fonctions couvriront des besoins des systèmes participant à sa propagation et ce de la façon la plus économique parmi les (mi)meme disponibles auprès des systèmes considérés.


Bieeeen…
C’est du brut de décoffrage à la-va-vite mais je pense avoir d’une part respecté la définition de Richard Dawkins et d’autre part répondu à toutes les objections de Massimo Pigliucci.
Je n’ai pas été obligé de prendre des exemples d’autres disciplines, surtout pas de disciplines scientifiques, comme ça on ne me dira pas que je pique ailleurs, je dispose d’une définition du mème (prononcer (mi)meme pour me faire plaisir) qui le différencie de concepts connexes, l’utilisation du néologisme de Dawkins ne fait pas double emploi.
La notion de réplication et propagation en compétition pour l’occupation des écotopes est conservée, ces derniers peuvent être définis suivant les types des (mi)meme que l’on considère.
Le réplicateur de mémoire à mémoire ne fait pas appel au contenu ou à la fonction du (mi)meme et est indépendant de l’expression en phénotype.

J’ai abandonné en faisant ce chemin l’idée que je trouvais particulièrement sexy de l’indépendance des mèmes du support. Mais elle est remplacée par la notion du phénotype encodé sous forme d’algorithme, de phénotype encodé, dont l’enregistrement est indépendant du support, que l’on trouvera peut-être plus sexy. Ca permet d’introduire sur la pointe des pieds les tèmes de Blackmore sur lesquels je vais revenir plus tard, en rendant indépendante la réplication du phénotype encodé de la réplication des (mi)memes.
En passant j’ai réglé un point qui me posait beaucoup de problèmes, celui de la copie des enregistrements des phénotypes et l’utilisation de ces enregistrements par des systèmes différents, une différence majeure quant à la diffusion des (mi)memes auprès des systèmes biologiques et non-biologiques, qui garanti à ces derniers une fidélité supérieure à la reproduction d’un phénotype réduisant du coup la variance autrement qu’en termes de perte de signal.
Un (mi)meme est composé par plusieurs éléments qui peuvent être éventuellement isolés si un système dispose des capacités de traiter le signal mémorisé, et elles peuvent être utilisés indépendamment pour produire des nouveaux phénotypes et (mi)memes ou après avoir été (re)combinés avec d’autres éléments pour produire des nouveaux phénotypes et (mi)memes.


A vos marques, prêts, tirez ! SVP, une objection par commentaire serait le mieux pour les discuter une par une. Si vous voulez citer du texte le code est

sans les espaces.

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  1. #1 par Jean-Pierre CRESPIN le décembre 29, 2009 - 9:34

    Yep ! C’est un bon début tout ça !
    Je n’ai pas les compétences de biomol pour pouvoir tirer sur sur le pianiste. Donc aucune objection votre honneur.
    J’apprécie énormément le fait que tu signales les phénomènes de mémorisation car dans les publications de « mémétique » il n’en est pas souvent question de manière explicite.

     » 1.
    * une quantité d’information,
    * un ensemble d’effecteurs permettant de la transformer en phénotype,
    2.
    un autre système apte à
    o observer le phénotype,
    o le mémoriser,
    o doté des effecteurs nécessaire pour reproduire le phénotype,

    autrement dit, un autre système apte à imiter le phénotype.

    Le (mi)meme correspond à l’ensemble 2.

    J’ai été un passeur de (mi)memes pendant plus de 4 décennies et j’ai observé que les émotions et la mise en mémoire étaient fondamentales et en liaison constante au regard de tout apprentissage.
    Je mets ce #7 dans un dossier.
    (Ah pour citer du texte tu n’es pas parvenu à me transmettre le (mi)meme ad hoc je crois…) Mon grand âge est sans doute en cause. (°!*)
    Je n’ai pas de rendez-vous avec le Grand Architecte mais je m’intéresse quand même au chaos et aux SDNL. C’est mal docteur ?

  2. #2 par Oldcola le décembre 30, 2009 - 7:51

    Je voyais ça plutôt comme un aboutissement qu’un début 🙂

    Je vais ajouter une note sur les tèmes, une idée qui m’intéresse particulièrement et après il faudra que je récolte l’avis et les commentaires de Pigliucci et Blackmore pour voir si ça couvre leurs objections et point de vue respectivement.

    Faudra peut-être pendre un peu de temps pour faire le raccord avec la classification de Dennett, pour le fun.

  3. #3 par Oldcola le décembre 30, 2009 - 7:55

    Aussi, comme il n’y a rien de relatif à de la biomol, feu !

  4. #4 par Jean-Pierre CRESPIN le décembre 30, 2009 - 9:19

    Oui, bien sûr, je voulais dire « un bon début d’aboutissement. » (°!*)
    Les tèmes sont un sujet bien intéressant c’est vrai. As-tu lu l’article de Jean-Paul BAQUIAST (Automates Intelligents) sur ce sujet ? Il a créé le mot « zootechnocène » à propos de cela…
    Oui biomol ou science dure… Non je n’ai pas de cartouches pour l’instant et je crois que le débat sera long.

    C U soon on the web.

  5. #5 par judem le décembre 30, 2009 - 10:38

    Je suis, avec quelque retard. A+

  6. #6 par Oldcola le décembre 30, 2009 - 12:05

    j’ai du mal à prendre ça pour du tir !

  7. #7 par Oldcola le décembre 30, 2009 - 12:14

    Oui, j’ai lu au sujet du zootechnocène, il y a un an ou presque, non ?

    Dans la même ligne il y a quelques travaux de Malafouris qui sont intéressants à propos de ce qu’il appelle « tectonoetic awareness » , un sujet qu’il travaille en collaboration avec des neuroscientifiques.

    Il propose une façon de mélanger gènes, mèmes, tèmes (c’est moi qui utilise les termes) qui est intéressante. Mais c’est la représentation du phénotype augmenté/étendu, par le SNC, qui est au centre de ses préoccupations.

  8. #8 par Luis Nunes Alberto le décembre 30, 2009 - 4:08

    Enfin je lis quelque chose de cohérent sur la mémétique,
    Bravo Oldcola

  9. #9 par judem le décembre 30, 2009 - 6:41

    Cela me parle.

    On devine l’importance des « erreurs ».

    Question 1

    L’innovation par analogie, dont l’importance a été défendue par Poincaré par exemple, peut-elle rentrer dans ce cadre ?

  10. #10 par judem le décembre 30, 2009 - 6:53

    Remarque 1

    Les (mi)memes donnent naissance à la « mimemetique » ? Si oui, attention à la confusion possible en sciences humaines avec la mimétique de René Girard (je taquine bien que l’intersection ne soit pas nulle).

  11. #11 par judem le décembre 30, 2009 - 7:43

    Je précise, en faisant un mix entre ma culture de matheux et ma culture info : un algorithme peut être executé avec succès sur tout objet différent de l’objet concerné initialement, du moment qu’on ait la même structure relationnelle (d' »effets » ?) (ou du moins qu’elle soit incluse). Si c’est identique, on aura isomorphisme ou disons analogie parfaite qui engendre une « innovation triviale ». Si la description relationnelle diffère quelque peu, ou pourquoi pas qu’il y a une erreur dans le « transport » (mutation, transcription, etc.), y compris pourquoi pas sur l’objet concerné initialement (altération d' »automorphisme ») sans faire appel à un autre objet, il peut arriver que l’on obtienne tout de même des résultats intéressants quoique quelque peu différents de ceux attendus (même si ça ne donne rien en général), quitte à attendre une « adaptation » suffisante, et disons que l’on obtient alors une « innovation non triviale » (le vocabulaire n’est pas forcément le plus adéquat).

    Exemple pour le premier cas : l’élève (déjà pas idiot) qui fait le lien, entre extensions algébriques, calcul matriciel et certains éléments de géométrie ou bien certains éléments de théorie de l’information, et qui passe d’une représentation à l’autre en « transportant » les algorithmes de calcul correspondants.

    Exemple pour le deuxième cas : Transport de l’intuition du « produit scalaire géométrique » à l’analyse fonctionnelle ou au traitement du signal (déterministe ou non). Ou encore, Maxwell qui s’inspire de la méca flu pour élaborer ses équations régissant l’électromagnétisme.

  12. #12 par judem le janvier 2, 2010 - 11:50

    T’as entendu parler de l’IGUS de murray gell-mann ?

  13. #13 par Oldcola le janvier 2, 2010 - 4:46

    Oui, mais plus en tant que traitement d’info définissant la flèche du temps qu’autre chose. Je ne pense pas qu’il y ait des amateurs sérieux de Douglas Adams et du H2G2 qui n’en aient pas entendu parler des IGUS 🙂
    Mes faiblesses de fan de S-F étalées en culture 😀

  14. #14 par Oldcola le janvier 2, 2010 - 4:48

    « meme » est la simplification de mimeme de mimésis, imitation en grec. Dons on reste dans le cadre de la mémétique. Si j’ai insisté pour (mi)meme c’est juste pour garder en tête l’importance de l’imitation faisant appel au phénotype.

  15. #15 par Oldcola le janvier 2, 2010 - 4:51

    Je ne peux pas répondre à ta question Jude, me faudra un peu de temps pour y réfléchir. Tu pourrais nous donner ma réponse une fois que j’aurais posté mes notes mises au propre, il y a un certain nombre de points qui sont obscurs dans cette version, malgré le fait que j’ai tenté d’être clair (je pense avoir raté le coche surtout pour une définition précise du meme).

  16. #16 par Oldcola le janvier 2, 2010 - 4:51

    Merci Luis

  17. #17 par Oldcola le janvier 2, 2010 - 5:10

    Je pensais plus à un algo suffisamment générique pour qu’on puisse l’exécuter sur un large éventail de systèmes sans que l’impossibilité d’exécution de parties en interdise l’obtention d’un résultat, partiel dans ce cas.
    Les recettes de cuisine peuvent être un exemple. Si un ingrédient manque il peut éventuellement être remplacé par un autre, ou même être absent complètement. Il en est de même pour la préparation de certains ingrédients qui devraient être concassés au mortier qu’on peut préparer avec ce que l’on a sous la main, produisant une recombinaison.

    En fait j’évitais et j’éviterai dans un premier temps de faire référence à des analogies productives comme celles que tu mentionnes Jude, parce que je trouve que le sujet est trop maltraité à cause des analogies, au point où les homologies entre processus de traitement d’information semblent passer inaperçues.

  18. #18 par Sylvain Magne le février 1, 2010 - 3:03

    Salut OldCola.
    Je voulais te dire que je trouve ton initiative excellente. Il y a cependant des points auxquels je n’adhère pas. Je t’en ferai part plus tard lorsque j’aurai fait avancer mon propre modèle mémétique.
    En attendant, j’ai démarré un fil de discussion sur ton travail sur le site de la SFM :
    http://www.memetique.org/forum/index.php?topic=1687.msg8024#msg8024
    J’espère que ça ne t’ennuie pas.

  19. #19 par Bouto le octobre 1, 2014 - 5:35

    Bonjour, la formalisation est très intéressante.

    Le sujet date et vous avez probablement progressé depuis, mais qu’importe.

    Concernant les systèmes nerveux, avez-vous songé à la modélisation des différents biais relatifs aux modalités opératoires des effecteurs eux-mêmes (qui varieront selon le type de système), pouvant favoriser ou ralentir la propagation de catégories spécifiques de (mi)memes?

    Je pense notamment aux développements de Pascal Boyer, dans Et l’homme créa les dieux, où il aborde justement des biais de ce type. A titre d’exemple, l’attention augmentée, lorsque des objets conceptuels rencontrés présentent un nombre limité de violations des catégories conceptuelles développées par apprentissage, qui favorise leur meilleure persistance en mémoire par rapport à ceux qui ne présenteraient pas de telles violations.
    Autrement dit, des (mi)memes qui présentent une violation des attentes dictées par le modèle interne de représentation du monde, et vont être sélectionnés différentiellement non pas seulement pour leur contenu informationnel, mais également du simple fait des biais existants au niveau des mécanismes de l’attention et de la mémorisation, qui induisent un décalage de l’optimum vers des (mi)memes légèrement contre-intuitifs.

    Les exemples, ce sont par exemple la statue qui parle (catégorie Objet + une propriété de la catégorie Humain) ou l’être sans corps (catégorie Humain – une propriété de la catégorie Humain).

    Une espèce de rétroaction entre effecteurs et (mi)memes, qui affectera notamment les systèmes motivationnels ou de l’attention, et, à plus long terme, la réponse des effecteurs, influencée par la somme agrégée des (mi)memes enregistrés en mémoire, qui induira un biais durable vis-à-vis de certaines classes de (mi)memes.

  20. #20 par Bouto le octobre 1, 2014 - 5:37

    Par ailleurs, je n’avais pas fait le rapprochement, mais vous êtes bien le Oldcola qui rabat le caquet du charlatan Staune, n’est-ce pas?

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