L’origine des individus – lecture

8B33CE84-26AB-4CD6-AD42-CFA24E07AB2E.jpgL’origine des individus de Jean-Jacques Kupiec

Mon appréciation : …/5

Mon conseil : si l’évolution biologique, ou même simplement la biologie, vous intéresse un tant soit peu, lisez le ASAP.

Je l’ai trouvé au rayon Philosophie des Sciences et je râlais un peu, après avoir passé plusieurs minutes au rayon Sciences – Biologie. Maintenant que je l’ai lu, je pense qu’il était à sa place.

Je l’ai adoré ce bouquin et je me suis senti en terrain familier. Quand Kupiec essaie de convaincre de la continuité entre ontogenèse et phylogenèse j’ai eu l’impression qu’il enfonce une porte grande ouverte, même pas, une ouverture sans porte. Ca me paraît d’une évidence telle, que je trouve étonnant que quelqu’un ait besoin d’en parler. Mais je comprends qu’on doit en parler et je trouve qu’il le fait bien.

Mais, ses deux idées maîtresses au sujet de la « non spécificité des interactions protéiques » et du « non déterminisme génétique » me paraissent tellement incongrues que leur répétition à travers le livre, façon mantra, a fini par produire plutôt un effet comique que d’être persuasive.

Je comprends que notre différence est plutôt d’ordre philosophique, et il est vrai que je ne suis pas traumatisé par What Is Life? de Schrödinger ou le finalisme aristotélicien (quel boulet quand même Aristote, à continuer à nous pourrir la vie).

Je m’accommode fort bien d’un déterminisme génétique qui détermine un spectre phénotypique fonction de l’environnement, l’environnement du gène, qui commence au gène d’à côté, et son idée d’hétéro-organisation me paraît pertinente pour signifier l’interaction continue entre l’information génétique et son environnement. Il y a quelques années j’aurais trouvé qu’il poussait un peu, mais il est évident qu’il y en a qui ne captent pas, même une chose aussi simple.

Du coup, je m’accommode aussi, fort bien, de la pleïotropie, de la pénétrance partielle, de l’expressivité variable, des combinaisons des ces trois. Comme l’indique Kupiec lui-même, les séquences des acides nucléiques déterminent la séquence primaire de leurs effecteurs (en fait il ne parle que des protéines, mais ça serait dommage de laisser ADN et ARN de côté) et j’ajoute, la suite en est ainsi déterminée. Y compris la spécificité, plus ou moins prononcée, avec tout ce qu’ils rencontreront dans leur environnement.

Pour le reste, tout le reste, y compris les conclusions, je marche avec lui avec bonheur. D’autant plus grand que j’aime bien le style de son écriture.


Du coup je me demande si mes deux questions vont tenir jusqu’à la fin de son exposé, ou si durant les deux années depuis la parution du livre le discours a changé. On verra ça. Et je reviendrai sur le sujet dans mes notes au sujet de la conf.

Pas de note donc, mais encore une fois la recommandation : lisez-le, c’est une pièce importante de la littérature sur le sujet.

  1. L’invité du Mercredi – 10 mars 2010 « Coffee and Sci(ence)

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