Jean Staune – par la bande

Quand la discussion directe n’est pas à son avantage, le sophiste aborde son sujet par la bande. Jean Staune nous offre une démonstration dans les chroniques des abonnés du Monde : Darwinisme et « Réchauffisme » , même combat ?.

Il est bon dans ces cas d’isoler le sujet principal et de décortiquer le propos du sophiste pour en extraire le contenu. Allons y, Staune est toujours amusant.

S’il est vrai qu’il est dommage, en général, de voir du papier gâché avec les propos de Staune, c’est une nécessité que de lui assurer la possibilité de s’exprimer face au public le plus large possible. Il est dommage que des voix se soient élevées pour protester contre l’accès qu’il a pu obtenir par le passé et ces jours-ci à cette tribune.
Au contraire, je trouve qu’il faut l’inciter à exposer sa pensée, vas y Jean ! (mais évite peut-être de faire trop de pub à ton bouquin, on te voit venir avec tes gros sabots.

Je n’ai jamais compris pourquoi le terme négationnisme est à usage limité en français, j’utiliserai donc le terme denialist pour qualifier le denialism scientifique qui caractérise Staune & Cie. Il ne s’agit pas là d’une réaction violente, juste de la qualification précise d’une attitude qui mélange ignorance du sujet (fort probable), éventuellement mensonge par omission (conscient ou non, allez savoir) et une attitude marketing au service d’une idéologie (en particulier religieuse), qui dans le cas particulier du mélange volontaire de la science et de la religion, la première étant censée soutenir la seconde, j’ai nommé scienligion.

Pourquoi ouvrir les colonnes du Monde à des idiots pareils ?

Eh bien, pour que tout le monde puisse se rendre compte qu’ils sont idiots. Et dans le cas particulier de Staune proche idéologiquement des IDiots. Il est si simple de transformer une tribune en pilori (quand c’est justifié) que ça serait dommage de s’en passer.

Dans les deux cas, il existe un danger.

A partir de là on va isoler la partie Darwinisme, pour éviter les confusions.

[D]es créationnistes qui cherchent à imposer une vision du monde basée sur des textes religieux et non sur des connaissances scientifiques. Devant la menace […] de faire passer certains présupposés idéologiques avant les faits, s’est mis en place une forme de « dogme » axé […] sur le fait […] que les mécanismes darwiniens étaient les principaux moteurs de l’évolution des êtres vivants. [liens par OC]

Pour un philosophe des sciences, manier le terme « dogme » avec ou sans guillemets pour désigner les résultats issus de l’application de la méthodologie scientifique est pour le moins lamentable. Restons en là, Staune est ici lamentable, confondant, mine de rien :

  • une méthode basée sur des efforts pour invalider ses hypothèses et n’acceptant de les considérer que provisoirement comme valides uniquement quand la probabilité de se tromper est en dessous d’un seuil (méthode scientifique),
  • avec celle qui consiste à exprimer des articles de foi, fondamentaux, incontestables et intangible (méthode dogmatique).

    Il est important de prendre conscience que la violence des réactions suscitées par la remise en cause de ces « dogmes » risque de se retourner contre la cause que ces personnes prétendent défendre. On a jamais servi une vérité en la transformant en un dogme impossible à critiquer. Dès que des failles apparaissent dans cette vérité, elle risque alors d’être rejetée en bloc.

    Il est compréhensible que Staune (ou n’importe qui d’autre) ressente comme violente la remise en cause des thèses ineptes qu’il essaie de défendre, surtout quand il finit ridiculisé en public. Je peux même comprendre le ras-le-cul qui peut submerger ceux qui se voient exposés à des inepties à répétition. Il faut par moments appeler un chat un chat et un gros connard un gros connard (suivant les cas).
    Ca n’a aucune incidence sur la véracité d’une théorie scientifique, et il faut faire comprendre aux badauds (dont Staune quand il s’agit de biologie en général et de la théorie de l’évolution biologique en particulier) que si leur avis compte beaucoup pour la cité et qu’ils peuvent l’exprimer à leur guise y compris par leur vote, ce même avis n’a absolument aucune valeur quand il s’agit de l’examen d’un corpus scientifique. La science n’est pas basée sur un processus démocratique et ça serait stupide de dépenser énergie et temps pour tenir compte des idées de Machin (ou de Staune) pour lui assurer un peu de tranquillité d’esprit quand il va à l’église (ou la mosquée, synagogue, temple, lieu de culte quelconque). Surtout quand Machin (ou Staune) a déjà fait ses preuves d’incapacité en la matière, et à plusieurs reprises.
    Il est très important de comprendre que la communauté scientifique n’est pas au service du premier scienligieux qui passe par là, soit-il grassement doté de deniers par la très créationniste Fondation Templeton.

    « 

    On a jamais servi une vérité en la transformant en un dogme impossible à critiquer.

     » nous apprend Staune, faisant preuve d’une myopie intellectuelle ahurissante; il ne voit pas ses origines religieuses qui lui pendent au nez, spécialisées à servir justement des vérités révélées sous forme de dogmes. Il voit encore moins (c’est plus subtil peut-être ?) qu’en l’absence de la rigueur que la communauté scientifique essaie de préserver dans ses activités, nous risquerions de finir dans l’état lamentable où sont vautrés les théologiens qui ne lâchent pas un corpus fissuré de partout, auquel Staune lui-même s’accroche comme si sa vie en dépendait (sa vie ou son revenu).

    Par ailleurs, l’importance de la « cause » à défendre ont empêché la médiatisation de certains scandales. […]

    Tiens, là la symétrie est brisée. Rien sur le Darwinisme !

    J’ai été personnellement témoin de pressions exactement du même ordre à l’encontre de chercheurs du CNRS ou de professeurs d’université qui, tout en soutenant bien évidemment l’évolution, osaient remettre en cause l’idée que les facteurs darwiniens en étaient l’explication principale.

    Je veux bien croire que dans l’entourage d’un créationniste comme Staune (créationniste tel que l’actuel directeur des NIH, Francis Collins, qui lui par contre n’est pas con au point de ne pas comprendre le darwinisme) il est facile de trouver des téléologistes qui prétendraient que God did it (à commencer par Francis Collins d’ailleurs) et qui en récolteraient les fruits de leur bêtise y compris sous forme de pressions de la part de leur hiérarchie pour ne pas ridiculiser le CNRS ou l’université. Je veux même bien croire que ça doit arriver fréquemment. Je en peux que déplorer d’une part ces agissements qui empêchent d’exposer clairement les opinions des gens, d’autre part je contribue autant que je peux pour diffuser ses opinions, par exemple les positions que Vincent Fleury ne semble pas oser publier dans Le Monde1.

    Bref, les mêmes attitudes de pensée générant les mêmes comportements sévissent […] ([…] hors du darwinisme point de salut pour comprendre l’évolution de la vie).

    L’assertion est d’une bêtise (heh ! me suis retenu, pas dis connerie😉 ) monumentale, digne d’un ex-scientific adviser de la Templeton Foundation. Elle est la conséquence directe du fait que Staune ne semble pas comprendre comment ça marche la science en général. Il ne faut pas affirmer, exprimer son opinion, donner son avis, clamer haut et fort. Il faut, et il suffit, de prouver. Il y a quelque temps sur la liste zetetique, Staune nous présentait, après que j’ai insisté lourdement, « l’essentiel des thèses scientifiques dont la démonstration se trouve dans [s]on livre » [. Comment ne pas être affligé de la série des « c’est possible », « il pense que », « il se peut que », le tout couronné par sa principale thèse Théologique. C’est ça qu’un mec comme Staune pense être des thèses scientifiques démontrées ! Et il espère être pris au sérieux !😀 Il est largement disqualifié pour une discussion sérieuse, non pas seulement à cause de son ignorance crasse en biologie, mais surtout à cause de son ignorance du processus scientifique. Je suis désolé pour ceux qui voient en Staune leur champion.

    Un commentaire sur le monde.fr a montré que certains internautes prenaient eux-mêmes conscience de ce parallélisme : Le darwinisme présente bien des aspects religieux : un Dogme asséné une fois pour toutes, et les excommunications sans discussion des non-croyants. […] La minceur de la théorie est protégée par l’interdiction de l’analyse. Le doute scientifique est exclu. Alors qu’un autre n’a pas manqué de faire référence à l’inquisition : Merci au Monde d’avoir le courage de publier d’excellents articles qui nourrissent le débat. Intéressant aussi de voir se déchaîner la Sainte Inquisition.

    Aha ! Il y a un neuneu dans la salle et Staune est content.
    Le doute scientifique n’est pas exclu, il est imposé. Mais il s’agit bel et bien du doute scientifique, pas du doute du religieux qui voit sa téléologie créationniste s’évaporer. Le doute du religieux est effectivement exclu du travail scientifique.
    Un seul ? Faut aller faire un tour chez les IDiots, il y en a plein qui serinent la même mélodie, à commencer par ma copine Denyse O’Leary, une espèce de Staune version féminine et journaliste, qui a opté pour le Discovery Institute plutôt que la Templeton Foundation.

    Les personnalités scientifiques « hérétiques » et ceux qui les soutiennent, revendiquent, […] le droit de débattre […] de la nature des mécanismes de l’évolution. La volonté d’étouffer les deux débats s’appuie sur l’argument massue : « tous les scientifiques sont d’accord ». Ne pas croire à ce consensus serait donc absurde. Or cela est tout simplement un mensonge. Certes une grande majorité des scientifiques soutient ces positions, ce qui est la moindre des choses pour des thèses qui sont censées créer un consensus. Mais les grands progrès scientifiques n’ont jamais été le fait d’une majorité et n’ont pas été élaborés par des démarches consensuelles.

    Hérétiques hein ? Il n’y a qu’une seule hérésie en sciences que je sache, celle de ne pas suivre la méthode scientifique. Si c’est le cas il n’y a pas possibilité de discussion scientifique, de facto, ce qui n’empêche pas de discuter et débattre au bistrot du coin. D’ailleurs, je me demande qu’est-ce qui pourrait empêcher qui que ce soit de débattre de ce qu’il a envie. Ils veulent quoi pour débattre ? L’imprimatur de la faculté ? C’est quoi ces stauneries ?
    Suffit de se donner un RdV et débattre à son aise avec tous ceux qui acceptent de participer. Ca n’implique pas que ça empiétera sur la liberté de quelqu’un d’autre de ne pas vouloir débattre avec n’importe qui et de n’importe quoi.
    On peut même trouver bien que les gens ne participent pas à des mascarades scienligieuses; on peut trouver que le sponsoring de la Templeton Foundation pue la scienligion. Et applaudir quand des gens intègres quittent des organismes qui font la promotion du créationnisme; il n’y a aucune raison d’attirer de l’audience pour des mauvaises causes.

    […]En lisant l’ouvrage testament de Stephen Gould, « La structure de la théorie de l’évolution », Gallimard, les lecteurs se rendront compte qu’il consacre plus de 1 000 pages à réhabiliter la plupart des grands penseurs non darwiniens qui de Geoffroy Saint Hilaire et Goethe à Richard Goldschmit en passant par d’Arcy Thomson ont tous affirmé que la forme et la structure des êtres vivants n’étaient en aucun cas le produit d’un processus de sélection et d’adaptation mais étaient inscrites dans les lois de la nature.

    Il est vrai que Gould avait un fort penchant pour le structuralisme, mais sans que ceci empiète le moins du monde sur l’absence de téléonomie dans le processus évolutionnaire. Ce que Staune semble regretter amèrement, ceci ne faisant pas son affaire, Gould injectant un peu plus d’aléatoire dans sa version de l’histoire de la biosphère.

    Gould va même jusqu’à parler de « l’erreur fatidique » commise par Darwin quand il a totalement éliminé de sa théorie cette ligne de pensée, intitulée le structuralisme (à défaut de se plonger dans cet ouvrage énorme, les lecteurs pourront se reporter à l’interview de Simon Conway Morris – professeur de paléontologie à l’université de Cambridge – dans le Monde des Religions de Janvier/Février 2010. Ou à mon ouvrage « Au-delà de Darwin : pour une nouvelle vision de la vie » Editions Jacqueline Chambon /Actes Sud et tout particulièrement aux chapitres 4, 5, 6 et 7 qui constituent une introduction au structuralisme.)

    Un conseil à ceux que le sujet intéresse. Surtout ne suivait pas le conseil de Staune ! Lisez directement à la source et faites vous une idée par vous même. Les exégèses par des sophistes sont le pire des moyens pour apprendre quelque chose. En plus, le dernier bouquin de Staune est vraiment mauvais.
    Si vous ne voulez pas payer le bouquin et que vous ne le trouvez pas à la bibliothèque, faites un tour à la bibliothèque virtuelle de Gould, il y a des textes très intéressants et pas que les siens. Evitez le second choix.

    Bien entendu, la grande majorité des religieux ne sont pas des obscurantistes, ce qui n’empêche pas un obscurantisme religieux d’exister.

    Ah bon ? Je suis d’avis contraire. L’écrasante majorité des religieux sont dogmatiques (il y a quelques théologiens libéraux qui font tâche) par choix et deviennent obscurantistes dès qu’il s’agit d’une connaissance qui contredit leur dogme.

    De la même façon, la plupart des scientifiques ne sont bien évidemment pas des obscurantistes, mais cela n’empêche pas un « obscurantisme scientifique » d’exister.

    Jean Staune, tu sais où tu peux te les mettre tes guillemets, n’est-ce pas ? Des scientifiques qui seraient opposés à la diffusion des connaissances scientifiques ? Tu deviens un oxymore Jean, fais gaffe à toi.

    Il est très important pour l’avenir de ces disciplines que la majorité des chercheurs qui les constituent conçoivent que le débat d’idées ne peut qu’être profitable au but qu’ils poursuivent. C’est en se repliant sur leur conception de la vérité, conçue comme un dogme, qu’ils risquent de fragiliser leur domaine, ouvrant ainsi la porte aux extrémismes qu’ils prétendent combattre.

    Il y a une longue tradition dans la communauté scientifique de congrès, en conférences, en colloques, de prendre le temps de discuter les travaux des uns et des autres, justement parce que les débats sont fertiles. Mais le badaud que Staune représente n’y a pas accès. Et c’est tant mieux. Je le trouve un peu ridicule de venir donner conseil quand le problème majeur des scientifiques est de disposer d’argent et de temps pour aller à tous les réunions disponibles pour leurs domaines.

    Ce n’est pas parce qu’il existe d’autres facteurs que les facteurs darwiniens pour diriger l’évolution de la vie, qu’il convient de rejeter l’évolution en affirmant que nous n’avons aucun ancêtre commun avec les primates. Ces deux dernières positions seraient confortées dans leur absurdité si les tenants de la « pensée orthodoxe » persistaient à affirmer avec force qu’il n’existe pas de troisième voie dans un cas comme dans l’autre.

    Quelle pourrait être cette troisième voie qui intéresse tant Staune ? God did it, qu’il s’agisse des lois de la physique, qu’il s’agisse d’interventions continues à la Francis Collins son modèle de créationnisme, une forme de créationnisme plus élaborée que celle de l’Intelligent Design mais aboutissant au même, ou des miracles divers et variés que Staune a soutenu sur les forums.
    Il n’arrive pas à comprendre que cette troisième voie n’est pas recevable aux tables de discussion scientifique et qu’il ferait bien de la garder pour les tables philosophiques ou théologiques.


    Le pauvre Jean Staune, il fait pitié. Il se démène à essayer de faire passer pour un avis respectable son God did it en mettant sous le tapis tout ce qui pue. Il sait que les gens ne veulent pas jouer avec lui, ni avec ses collègues comme Simon Conway-Morris depuis qu’il a fait son coming out de créationniste, ou Francis Collins qui l’a au moins provisoirement bouclée pour pouvoir occuper ses fonctions de directeur des NIH, ni avec les bosses de la Templeton Foundation qu’on voit de plus en plus en tant que pestiférés (enfin, pas tout le monde, juste ceux qui veulent que les religions ne trouvent pas de place en sciences).
    OK, il fait pitié, mais il est vachement rigolo aussi, non ?

    Tout ce blabla à la con avec parallélismes et sciences sociales et achetez mon bouquin et ne pas avoir cassé une seule fois sa foi au doigt de dieu qu’il voit partout. L a m e n t a b l e.


    1 et je continuerai à aider de mon mieux, malgré l’ingratitude qui est ma seule récompense.

    1. #1 par ligner le février 22, 2010 - 11:21

      Bonsoir Monsieur! Je viens de lire votre texte, je devrais dire plutôt que je l’ai parcouru, mais je le relirai attentivement quand j’aurai le temps. M.Jean Staune s’est invité à la maison,un jour.Il voulait rencontrer ce paysan qui lui avait écrit pour lui dire très gentiment que dans son livre »Notre existence a-t-elle un sens? » il avait confondu en citant « Le hasard et la nécessité » de Jacques Monod « humanisme réellement scientifique » avec » humanisme réellement socialiste ». Cette erreur m’a sauté aux yeux!(Il a ensuite corrigé dans une édition suivante). M.Staune est donc venu manger la soupe » bien arrosée » et pour le plaisir, à ma demande, il a donné sa conférence au village. Il a vendu son livre et j’ai offert à cette occasion des livres de Saint-Exupéry…Pouquoi pas? Prenant la parole pour présenter la vedette parisienne, j’ai commencé par déclarer à l’aréopage rural que ce n’est pas avec une retraite de paysan que l’on peut se payer la belle américaine de Monsieur Staune.(Je parle de sa voiture, qui a quand même réussi à tourner dans ma cour de ferme) J’ai ensuite lu une lettre de M.Alain Aspect et des questions que des gens d’école ou non m’avaient envoyées pour lui poser…Certaines sont restées encore sans réponses. C’est M.Bernard d’Espagnat qui m’avait recommandé le livre de M.Staune. Depuis , je suis allé à Paris…au Salon de l’agriculture et à l’Université pour donner une dictée(Paris Descartes) et certains rats des villes se sont distancés des »restes d’ortolans »… par peur du « bruit » sans doute! Dois-je continuer ou m’arrêter là? Qu’en pensez-vous ,cher Monsieur, que je ne connais point? Merci de bien vouloir m’aider dans ce « final hésitant ». Acceptez ,je vous prie ma gratitude paysanne.ML

    2. #2 par Oldcola le février 23, 2010 - 8:05

      Bonjour et bienvenu.
      J’ai eu la chance que mon chemin ne croise pas celui de Jean. En dehors de ses écrits et des petits bouts de vidéos je ne le connais point et j’ai le sentiment que je suis gagnant.
      Ma curiosité est mobilisée : quelles pourraient être ces questiions auxquelles un ‘érudit’ comme Staune aurait ‘oublié’ de répondre ? D’habitude il sort une bafouille ou l’autre, quitte à se contre-dire plus tard. 
      N’hésitez surtout pas à nous en parler, éventuellement un post sur « neocreationniste » serait indiqué pour consigner les ‘stauneries’ dont vous êtes le gardien pour l’instant.

      Malheureusement, je risque heurter vos sentiments en déclinant votre offre de gratitude paysanne. Ça serait malhonnête de ma part d’accepter quoi que ce soit en échange de ce qu’est devenu un de mes passe-temps favoris, la ‘chasse au Staune’ et à la staunerie.

    3. #3 par Paysan Z le mars 7, 2010 - 6:14

      A OLDCOLA

      Bonjour Monsieur!

      Avec un réel plaisir, je reviens vers vous pour essayer de vous dire quelque chose de sensé que je soumets , bien sûr, à votre intelligente critique. Je choisis ce petit espace de l’agora électronique , car c’est plus facile pour moi. Je ne suis qu’un pauvre paysan qui n’a point les qualités requises du champion de la toile que vous êtes.D’emblée,je me pose la question:Comment dois-je vous appeler?MONSIEUR ANTOINE, cela vous convient-il?Pourquoi ce nom? Je m’explique:
      Parce que vous me faites penser au petit panneau de Jérôme Bosch représentant une tentation de saint Antoine, au musée du Prado, et que je trouve à la fin d’un livre que votre ami Jean connaît sans doute:Le calcul, l’imprévu(Les figures du temps de Kepler à Thom).Oui Monsieur Antoine, vous avez quelque chose du chasseur de snark tel l’auteur de la célèbre Agonie en huit crises qui a voix au chapitre au delà du googol.Et puis, dans votre pseudonyme, je découvre l’anagramme de ce CLODO-LA qui me ravit. Je vous dois encore une explication:De grâce,Monsieur Antoine,allez de ce pas la quérir dans les prolongements de Michel Serres où le Horla est à la page et vous comprendrez pourquoi je touve ce détachement significatif et le mot juste! Ne me parlez pas de contraintes ou de bagatelles difficiles à l’instar de Martial dans ses Epigrammes ou de Disraeli le père qui qualifiait cela de literaty follies;c’est une simple et amicale invitation à aller faire un tour dans le champ littéraire que je suis loin, très loin d’avoir exploité, car je ne suis qu’un pauvre paysan.Dehors, comme faisaient sans doute les physiciens du temps jadis…Pour ne rien vous celer, c’est par cette phrase que j’ai commencé ma dictée donnée en novembre dernier,rue des Saints-Pères, à l’Université Paris Descartes à Paris.( Avec l ‘accord de son Président, M.Axel Kahn). Eh bien oui, M.Antoine, allons voir dehors!C’est bon à savoir,puisque tel était le titre de la dictée de B.Pivot, celle de la finale 2001 à l’Université susmentionnée…Allez voir dehors disait le professeur Krebs à Frederico Mayor,un jour, au laboratoire de biochimie d’Oxford.Il en est plus d’un qui eût été bien inspiré de suivre ce conseil dans notre moderne société. L’autre jour,sur une chaîne de télévision nationale, un ministre de l’agriculture du début des années 60 ne plaidait pas coupable mais reconnaissait qu’il avait eu tort. M.Pisani avait fait confiance aux experts du Génie rural et vas-y pour l’arrachage forcené des haies,subventions aidant.Quelques heures plus tard, je recevais une lettre d’un élu de Lorraine qui fut Président de la FNSEA et qui devint ministre de l’agriculture au milieu des années 80. Ce paysan-là qui a des bureaux à Paris est conscient de la blessure qui marque mon espèce sociale. Mais comment être efficace?Les reportages à la télévision sur les montants dérisoires des retraites agricoles, comme celui du JT de 13h, tout à l’heure sur TF1,les discussions à n’en plus finir des parlementaires et la quérulence de la gent paysanne ne changent rien. Le mal est profond. Depuis longtemps on aurait dû se méfier des gens qui vendent des outils et qui ne s’en servent pas et entrer en résistance.Ils avaient, ils ont plein de diplômes au bout de leurs grandes études qui en ont fait et en font encore des types en cravate et en mocassin,payés à ne pas faire grand-chose dans les bureaux…Et voilà le résultat! La critique extrêmement virulente ne s’adresse pas à des personnes quelque part dans une administration ou une institution mais à tout un système où prédomine partout l’intellectualisme urbain , qui laisse de côté les petites gens en se coupant de la nature et engendrant de terribles inégalités.Certes, on reconnaît maintenant la faute ici et là ,mais le cri du bûcheron de Rabelais ne risque pas d’être entendu en ce monde envahi par le bruit et la fureur.Evidemment,la personne humaine ne peut-être assimilée à un rat de laboratoire.Monsieur S.J.Gould_puisqu’il faut bien le citer_a certainement raison de penser , comme tout homme lige, que chaque problème a une dimension scientifique et une dimension religieuse. Selon ce professeur, ces deux dimensions doivent apprendre à mieux se connaître mutuellement. Dont acte.
      Quand on se sait pas science_ce qui est mon cas, car je ne suis qu’un pauvre paysan_on doit s’exiger rigueur et cohérence.Je ne suis pas sûr de trouver toujours cet idéal chez des conférenciers d’universités et d’ailleurs qui se distancent parfois de la cardinale vertu d’exactitude. Le citoyen, le contribuable, le lecteur et l’auditeur, enfin l’honnête homme se doit de réagir. Chacun sa manière…Oui Monsieur Antoine, je me suis permis d’écrire une compendieuse et simple mise au petit point suite à la venue de votre ami Jean au village. Je lui ai bien sûr envoyé l’opuscule en question.De cette aventure,on pourrait écrire un livre pour mettre au dehors certaines choses bien gardées…Seulement voilà, je ne suis qu’un pauvre paysan et au fin fond de ma campagne, M.Antoine, il n’y a pas le moindre éditeur qui puisse s’intéresser à celles et à ceux qui aident à germer des idées civilisatrices. Je ne suis pas Edgar Morin, vous savez! On aimerait localiser le laboratoire où lesdites idées se cherchent. Je ne l’ai point trouvé dans la préface inédite de Démocratie française,écrite à Authon,en décembre 1977,par M.le Président de la République française. En ce temps-là ESPRIT nous disait que la pensée est laboratoire et qu’il fallait faire confiance au temps…Et l’esprit dans tout ça? On oscille toujours entre Gap et Bressuire et du haut de ma tour, je ne vois rien venir,M.Antoine!Laissons là Intermezzo,le contrôleur, l’institutrice et le spectre et courons à la fenêtre…
      Rouvrons-les quand? (ces fenêtres du grand large que Régis Debray voulait rouvrir avec des mots). Tout de suite, parce qu’il est l’heure de s’enivrer… Alors,allumons le feu! Ce feu sacré que l’auteur susnommé m’a, un jour, offert en livre. Quèsaco? Eh bien,nous restons, comme l’écrit notre parisien, des animaux dotés de foi tant que nous vivons en groupe! Sacré Régis,il se dit IDIOT…à la télévision.(J’imagine qu’il a lu le traité de Clément Rosset) Décidément, votre ami Jean est en bonne compagnie!Ils sont venus là, l’un et l’autre…Je les ai accueillis à l’intérieur de cette chaumière où ,autrefois ,les gens des battages festoyaient après l’ouvrage. A l’un, j’ai fait ouïr une voix qu’il n’a pas reconnue_celle de celui qui disait que le feu est l’ultra-vivant et que l’autre a cité.
      Monsieur Antoine,votre excellent ami,le joyeux Monsieur Jean STAUNE, me fait trop d’honneur; il me remercie de mes conseils,page 528 de son livre:Notre existence a-t -elle un sens?(2007) juste avant la présentation du livre par M.Bernard d’Espagnat. Je précise que je ne suis ni conseilleur ni conseiller…J’ai tout naturellement relevé deux ou trois petites erreurs qu’il a par la suite corrigées. Rien de plus!J’espère qu’il ne m’en veut pas d’avoir refusé la correction d’un manuscrit;j’aurais accepté à la seule condition de ne pas être rémunéré pour ce genre de service. A chacun ses principes!
      Je ne suis qu’un pauvre paysan conscient de la poutre qu’il a dans sa prunelle. J’aimerais quand même vous dire,M.Antoine,
      que je ne suis pas gêné par le fait que votre ami Jean soit payé par une fondation américaine, qui a d’ailleurs remis un million de livres à M.d’Espagnat(Prix Templeton). En tant que contribuable français qui touche une retraite inférieure au seuil de pauvreté et qui paie environ neuf cents euros par an de cotisations solidaires,csg et crds, je dis que cette participation financière américaine ne me concerne ni peu ni prou.Voilà ce que je voulais faire passer dans ces lignes où transparaît peut-être quelque chose(Einsicht)…en essayant d’aller au delà des récurrentes contradictions, connues avant que M.Tort répondît dans La Raison aux interrogations de M.Lecointre. Nous savons ce qu’il faut en penser…à tort et à raison,comme il est écrit en titre dans une intercritique de la science et du mythe, n’est-ce pas?
      Cher Monsieur Antoine, si d’aventure, un jour, vous passez dans ma rue, venez frapper à la porte de ma petite maison dans la prairie…Vous serez le bienvenu et nous boirons à la santé de nos universités!Très cordialement à vous.

      Paysan z
      entre Poitou et Saintonge

    1. lpd1s – finale | Coffee and Sci(ence)

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