l’expérience est nécessaire

Par moments, la pensée magique peut nous faire penser que quelque puissance supérieure nous envoie des signes de son existence sous forme d’articles scientifiques qui viennent contrer des opinions arbitraires sorties on ne sais pas d’où.

Bien sûr, pas de puissance surnaturelle nécessaire pour expliquer ce fait, c’est juste que souvent les modèles produits au pif, surtout issus d’une pensée téléologique (et je reviendrai là dessus plus tard) sont éloignés de la réalité et en jetant un coup d’oeil autour de soi on finit par trouver ce qui peut les contredire. La chance sourit aux esprits préparés n’est-ce pas ?

En lisant le commentaire de Schizodoxe hier soir :

Je vois de la science là où il y a un savoir rationnel. L’expérience n’est pas nécessaire. Elle est même souvent trompeuse. Mais c’est une vision sans doute très personnelle.

je me suis dit que je chercherais un exemple concret pour illustrer mon désaccord, plutôt que de rentrer dans une longue discussion philosophique.

Du tout cuit dans ma biblio du matin donc, frais du jour (29.08.2008), un beau papier dans PLoS ONE : Dong W, Tang X, Yu Y, Nilsen R, Kim R, et al. (2008) Systems Biology of the Clock in Neurospora crassa. PLoS ONE 3(8): e3105. doi:10.1371/journal.pone.0003105

Je regarde la figure 1 du papier

journal.pone.0003105.g001.png

et je me dis que j’ai mon exemple devant les yeux.

Sur une discussion qui avait tourné vers la capacité des cycles circadiens de prédire un phénomène physique externe et leur capacité de s’adapter, avec des vrais morceaux de pur délires de théoriciens (salut Tom, ;-) ), on peut lire aussi :

Par conséquent, toute évolution future des gènes (mutations) provoquera soit une disparition totale de l’oscillateur, soit une variation en racine carré des caractéristiques de l’oscillateur, en sorte que les autres rythmes sont déjà là, prêts à servir, à être sélectionnés, tant qu’on n’atteint pas les bords de la non-linéarité (point col d’une cuvette d’énergie à deux puits) où une cascade de bifurcations de type oscillateur de Duffing crée des rythmes de période double (il faut 2 tours pour revenir au poitn de départ, dit autrement les cycles de 24 heures glissent facilement vers 25 ou 26 heures, mais vont sauter ensuite directement vers 48heures) 25, 26 et 48 heures sont déjà prédits par le système lui-même, avant d’être apparus. Ils sont latents, prêts à servir si besoin est.

On peut se dire que le 48 h est bien visible en (C) de la figure, mais ça n’explique pas les (A) et (B). On peut se dire que la base de l’horloge n’est pas de 24h mais de 6h, ce qui expliquerait (A) et (C) [où (A)=1 et (C)=8x1, 2x2x2] mais pas (B)=3×1.

Pour pousser un peu plus sur la comparaison entre connaissance issue de l’expérience et d’approches théoriques non testées, la question de savoir depuis quand des mutants qui ont des fréquences circadiennes qui ne collent pas au modèle proposé de sauts sont connus se pose immédiatement.
Je n’ai pas pris le temps de chercher longtemps et je me suis limité à ce qui était disponible en Open Access pour faciliter la consultation par tous. Ainsi, le plus vieux que je vous propose, est issu d’un papier accepté en 1984 (il a 24 ans :-D , quand on cherche des patterns on en trouve) : Patricia L. Lakin-Thomas and Stuart Brody, Circadian Rhythms in NEUROSPORA CRASSA: Interactions between Clock Mutations, Genetics. 1985 January; 109(1): 49–66. de la table 2 duquel est issue l’information ci-dessous :

NC-CR.jpg

Là, les données, qui sont des observations plutôt qu’un montage expérimental comme dans le papier de PLoS, sont encore plus difficiles à coller dans le modèle.


Je me dis que l’approche purement théorique et hautement mathématisée a échoué de rendre compte du mode de fonctionnement d’au moins une horloge circadienne et je tire la conclusion simple : L’expérience est nécessaire pour filtrer les rationalisations trompeuses. Sauf si on se complaît dans l’erreur.

Et je pense savoir que cette opinion personnelle est largement partagée par mes collègues scientifiques qui abordent le monde sans a prori téléologiques.

  1. #1 par Tom Roud le août 29, 2008 - 2:40  

    Salut Oldcola,
    puisque tu qualifies mes billets de purs délires théoriciens, permets-moi de te répondre un peu violemment : ton problème (récurrent) avec la théorie, c’est que tu critiques sans comprendre, en y ajoutant une touche de sel par conséquent assez déplacée. Ce billet prouve que tu n’as pas compris ce que disait vf en commentaire (qui est peut-être faux, peu importe); comme sur mon blog, tu parles du rythme circadien sans vraiment voir une subtilité (qui est pourtant biologique, et qui est tout le sujet de mes commentaires délirants comme tu dis ici). Il y a deux composantes dans le rythme circadien : un oscillateur interne (celui dont parlait Fleury) et un mécanisme d’entraînement. Ce que tu vois sur les race tubes dont tu proposes la photo, c’est (essentiellement) l’effet du mécanisme d’entraînement. Ce dont parlait Fleury, c’est la période interne, après modifications de paramètres. Autrement dit, cela n’a (presque) rien à voir, même si comme tu le relèves, expérimentalement son idée semble fausse (et encore, on peut discuter très longuement sur la relation entre période et paramètres, mais je ne te pense réceptif aux subtilités de la théorie des oscillateurs non linéaires et des bifurcations).

    Secundo, je me demande comment tu vois le blog. Moi j’ai ouvert un blog aussi pour faire du brain-storming, pour réfléchir, ce qui n’exclut pas parfois des "délires". On dirait que tu considères un blog comme une publication scientifique parfois. Moi je vois cela comme une discussion. S’empêcher des "délires" cautérise la pensée à mon avis; ce que je dis dans ce fil n’est certainement pas plus délirant que ce que disent certains "vrais" biologistes en privé. D’ailleurs, le pisse-froid dans les discussions théoriques avec les biologistes, c’est plutôt moi en général : les biologistes sont plutôt plus prompts à se jeter sur n’importe quel truc vaguement justifié expérimentalement ou théoriquement. Tout ça pour dire que si on ne s’autorise pas à élaborer dans des directions originales, on n’avance jamais. C’est bien triste de travailler avec quelqu’un qui tue dans l’oeuf toute idée un peu originale.

    Tertio, je m’aperçois maintenant d’un desavantage certain à bloguer de façon anonyme : sur certains domaines, en public, devant des "non-spécialistes", on ne peut pas utiliser ces arguments d’autorité que tu adores employer. En même temps, c’est plutôt un bien : cela oblige à essayer d’argumenter plutôt que de dire "n’importe quoi" comme tu adores le faire.

    Quarto, j’en ai assez que tu dises que les théoriciens font des délires déconnectés des expériences. L’une des raisons pour lesquelles j’ai bifurqué vers la biologie plutôt que la physique est précisément parce que la biologie est plus expérimentale et donc on peut se "mouiller" et faire de vraies prédictions. Je pense que c’est le cas de tous ceux qui ont choisi cette voie (depuis la théorie vers l’expérience). Tu critiques un certain physicien de manière récurrente en oubliant de dire qu’il a justement un labo expérimental où il essaie de tester et vérifier ses prédictions. Comme tu réitères souvent cette idée que les théoriciens dans ce domaine vivent déconnectés de l’expérience, de deux choses l’une :
    - soit tu es de mauvaise foi
    - soit tu es totalement aveugle sur la réalité de l’interface physique-biologie.
    Je ne peux croire à la seconde hypothèse compte-tenu du nombre de papiers de systems biology que tu cites.

  2. #2 par Oldcola le août 29, 2008 - 3:36  

    Hey, du calme Tom, le terme est en italique et copié de ton commentaire ! Relis toi avat de monter sur tes grands chevaux.

    Je lirai le com ci-dessus après avoir grignoté quelque chose, pas eu le temps de manger à midi

  3. #3 par Oldcola le août 29, 2008 - 4:20  

    Donc,

    Ayant clarifié que le pur délires de théoriciens était ton propos, ce que lien montrait (mais as tu suivi le lien Tom ?), ce qui justifie mon salut et le clin d’oeil, parce que je ne pense vraiment pas que tes posts sont du délire, voyons le reste.

    Tu ne peux plus lire comment je vois le blog, le post qui m’aurait servi en référence est en privé, pour des raisons expliquées ici. Globalement c’est un lieu d’expression et éventuellement de discussion. J’adore les délires et je m’y lance plus souvent que certains ami apprécient.

    Tu pourrais être le plus grand spécialiste du domaine des rythmes circadiens, si je pensais que tu avances une connerie je te le dirais et j’attendrais que tu t’expliques pourquoi j’aurais tort. Les arguments d’autorité d’habitude je les emmerde. Va pas me dire que je les utilise. Ou alors donne moi une liste.

    Mon commentaire relatif à l’expérience, ici, concernait Scizodoxe. Je pense qu’il a tort.
    C’est le cas de certains autres personnes, qui se complaisent aux formes platoniciennes, que je spécifie pour qu’il n’y ait pas de malentendus : Denton pour prendre un chef de fil.

    Je pourrais étendre mon commentaire sur certains physiciens et leur réalisme ou non. Je ne le ferai pas parce que les uns risquent de m’envoyer leur avocate, les autres ne pas vouloir voir leur nom sur un blog.
    Si je le fais ça sera directement auprès des éditeurs des revues, pour demander de publier des rectificatifs., dépassé un certain stade à vouloir se prendre au sérieux il faut être forcé de le devenir :-)

    Suis-je de mauvaise foi ? Peut-être, en tout cas à chaque fois que j’avance quelque chose j’essaie de le soutenir avec les meilleurs de mes arguments. Et le meilleur argument que je connais c’est l’expérience.

    Veux-tu maintenant me montrer où exactement tu trouves un système circadien déconnecté de la réalité qui correspond au modèle proposé sur ton blog ? C’est que je suis curieux.

    NB. Le papier de 1985 n’est pas à rythme circadien externe variable, si j’ai bien compris en le lisant en diagonale.

  4. #4 par Tom Roud le août 29, 2008 - 4:41  

    OK OK, je monte sur mes grands chevaux.

    Veux-tu maintenant me montrer où exactement tu trouves un système circadien déconnecté de la réalité qui correspond au modèle proposé sur ton blog ?

    Je ne comprends pas de quoi tu parles. Quel modèle d’horloge circadienne a été proposé sur mon blog ?

  5. #5 par Oldcola le août 29, 2008 - 4:46  

    voir ton e-mail Tom

  6. #6 par Oldcola le août 31, 2008 - 3:22  

    C’est au moins la troisième fois que Tom me saute dessus pour m’engueuler. C’est pas mal et j’avoue que j’aime assez les polémiques pour ne pas me formaliser. Des discussions un peu vives peuvent sortir des résultats intéressants et c’est une occasion comme une autre pour moi d’apprendre quelque chose.
    Là où ça ne va pas, c’est qu’il a une lecture de ce que je dis qui n’est pas très claire avant de réagir et que quand je clarifie je ne vois pas venir de suite. Ainsi, il a été prompt pour réagir à ce post, longuement, mais ça fait plus de 48 h qu’il n’a pas donné suite après la rectification.
    J’espérais apprendre en quoi je me trompais en disant que le modèle critiqué était réfuté par des observations, surtout qu’il semble transparaître dans son commentaire qu’il est spécialiste des rythmes circadiens, et que si ses initiales sont X-Y Z (hypothèse revue de ma part) je pense que son avis serait pertinent.
    Ma réponse était rédigée rapidement (je laisse les fautes de frappe, orthographe, grammaire et syntaxe en place), et je ne me suis pas étendu en espérant une suite. Comme elle ne vient pas, et pour clore l’incident, je vais reprendre quelques points :

    Ce billet prouve que tu n’as pas compris ce que disait vf en commentaire (qui est peut-être faux, peu importe)

    Ah non, je pense avoir compris ce qui est dit d’une part, d’autre part il n’importe pas peu si ce qui est avancé en n’utilisant pas le conditionnel est faux; c’est justement le propos central de ce post que de montrer qu’une hypothèse qui peut paraître intellectuellement satisfaisante peut être invalidée par l’expérience, l’observation.

    expérimentalement son idée semble fausse (et encore, on peut discuter très longuement sur la relation entre période et paramètres, mais je ne te pense réceptif aux subtilités de la théorie des oscillateurs non linéaires et des bifurcations)

    OK, l’exemple des mutants de N. crassa dont la durée du rythme circadien ne colle pas avec le modèle proposé, sans qu’un mécanisme d’entraînement n’intervienne, semble contredire l’hypothèse; N. crassa est aussi insensible que moi à la théorie des oscillateurs non linéaires et des bifurcations. Le fait que Tom s’est concentré sur les race tubes, où la durée L/D est imposée, me fait penser qu’il n’a pas lu mon post en entier, jusque là où j’écrivais :

    Là, les données, qui sont des observations plutôt qu’un montage expérimental comme dans le papier de PLoS, sont encore plus difficiles à coller dans le modèle.

    Que ce soit les race tubes qui ont fait tilt c’est vrai, mais j’ai cherché des résultats qui ne sont pas artificiels avant de me faire une idée. Je veux bien qu’on me critique, mais en tenant compte de tout, pas d’une partie.

    Tout ça pour dire que si on ne s’autorise pas à élaborer dans des directions originales, on n’avance jamais. C’est bien triste de travailler avec quelqu’un qui tue dans l’oeuf toute idée un peu originale.

    Je suis tout à fait d’accord avec la première phrase. Et je crois produire des délires plus que la moyenne de mes collègues. Seulement j’ai l’habitude de les tenir pour des hypothèses et de tenter de les tuer dans l’oeuf, aussi originales qu’elles soient, si je me rends compte qu’elles ne collent pas avec la réalité. Même avant qu’elles soient arrivées au stade "oeuf".C’est une question d’économie de moyens et de temps investis pour explorer un domaine. Si on fait de la philo et on soutient les formes platoniques qu’un démiurge bienveillant aurait a priori imaginé pour sa création, on peut garder toutes les hypothèses possibles et imaginables et jouer avec. Quand il s’agit de faire de la science, surtout si on souhaite qu’elle soit expérimentale, je pense nécessaire de faire en sorte que les idées soient testées au plus vite, à moindre frais, pour savoir si elles représentent des voies de recherche qui sont réalistes.

    Tertio, je m’aperçois maintenant d’un desavantage certain à bloguer de façon anonyme : sur certains domaines, en public, devant des “non-spécialistes”, on ne peut pas utiliser ces arguments d’autorité que tu adores employer. En même temps, c’est plutôt un bien : cela oblige à essayer d’argumenter plutôt que de dire “n’importe quoi” comme tu adores le faire.

    Là je ne peux qu’être passif. Il me faudrait une liste des arguments d’autorité" que j’emploierais.Egalement une liste des "n’importe quoi".Et peut-être une explication de la contradiction interne au discours de Tom, qui d’une part semble pour les brainstormings, d’autre part semble m’accuser de dire "n’importe quoi" ce qui est la base d’un brainstorming (que je sache).

    Quarto, j’en ai assez que tu dises que les théoriciens font des délires déconnectés des expériences

    Ce n’est pas le cas. Certaines personnes, qu’elles soient des théoriciens ou non, font des délires déconnectés de l’expérience. Ce n’est pas le fan de Science-Fiction que je suis qui dirait que ce n’est pas intéressant. C’est intéressant tant qu’elles n’essaient pas de les faire passer pour des faits. Dans ce cas ça peut poser des problèmes.

    Tu critiques un certain physicien de manière récurrente en oubliant de dire qu’il a justement un labo expérimental où il essaie de tester et vérifier ses prédictions.

    Si je ne le savais pas énervé, j’aurais pris cette phrase pour un calembour. Depuis un an je demande une photo de ce qui est censé être une observation et non pas une prédiction, justement parce que je sais qu’il a les moyens de la faire

    [...]b) dispose du matériel nécessaire pour les photographier.

    . Qu’on ne viennent pas me chier dans les bottes en disant que j’oublie qu’il a un labo.

    Comme tu réitères souvent cette idée que les théoriciens dans ce domaine vivent déconnectés de l’expérience, de deux choses l’une :
    - soit tu es de mauvaise foi
    - soit tu es totalement aveugle sur la réalité de l’interface physique-biologie.
    Je ne peux croire à la seconde hypothèse compte-tenu du nombre de papiers de systems biology que tu cites.

    Bottom line, je suis de mauvaise foi !J’aime beaucoup l’essor de la biologie des systèmes, j’apprécie la façon dont la discipline voit grand. Je ne vois pas ce que ça a à faire avec l’interface physique/biologie, sauf pour certains aspects de modélisation où des physiciens sont impliqués. Peut-être j’aurais des explications, mais il y a d’autres points mentionnés ci-dessus qui sont prioritaires.La biologie a une spécificité fort intéressante : elle est connectée avec tous les domaines scientifiques qui traitent de l’un ou l’autre des aspects qui intéressent les biotes. La physique en fait partie, juste comme tous les autres domaines scientifiques. Ni plus, ni moins. Je ne vois pas ce qui devrait lui donner un statut particulier, disons par rapport à la chimie. Ou en quoi je me focalise sur les physiciens en particulier. Pivar est chimiste que je sache. JohnJoe McFadden est microbiologiste lui. Ken Miller est biologiste. Pierre Perrier est modélisateur. Bill Dembski mathématicien/théologien. Michael Behe biochimiste. Marcel-Paul Schuetzenberger mathématicien. Dans le lot il y a un physicien aussi. Ce n’est pas en fonction du genre d’études ou du statut de leurs émetteurs que je critique les idées que je trouve de travers. C’est en fonction des idées elles-mêmes.

  7. #7 par Tom Roud le août 31, 2008 - 6:23  

    Salut,
    je reconnais que j’ai tendance à monter sur mes grands chevaux, particulièrement avec toi. Pour plusieurs raisons que je n’ai pas envie de développer (mais je me souviens d’un post d’un de mes camarades qui se terminait par "Antoine, t’es lourd"). C’est un peu dommage, car c’est probablement un biais d’internet de partir ainsi en vrille : dans la vraie vie, on n’aurait jamais ces débats, en tous cas pas sous cette forme, et les choses seraient sûrement plus policées, certaines extrémités n’auraient probablement pas été atteintes.

    Maintenant, j’ai aussi une vie, je bosse dur en ce moment sur des problèmes bien plus intéressants que ces discussions sans fin sur internet, et quitte à passer du temps sur les blogs, j’avoue que je préfère prendre soin du mien, et parler d’autre chose (genre des sondages ou du chat de Schrodinger en ce moment). Tu m’excuseras de réagir en plus de 48 h, surtout que je ne réagis pas forcément à bon escient avec toi. En fait, je devrais probablement m’autocensurer.

    Le modèle dont tu parles n’était qu’une idée lancée en l’air, dans un fil, après une discussion un peu délirante (tu as raison, c’est mon terme). Mais comme elle vient de ta tête de turc préférée, tu la montes en épingle, la ridiculise, en fait un billet. Cela m’a énervé, d’autant que la seule illustration est une colonne de race tube qui relève de l’entraînement. Alors il est vrai que dans la suite tu as développé sur les mutants, qui étaient plus pertinents, mais le début du billet me paraissait tellement gratuit ..

    Sinon, si tu as une idée de qui je suis, j’aimerais que tu évites de balancer mes initiales ou une quelconque référence à mon identité sur ton blog. Je veux être Tom Roud sur l’internet, en cela j’ai commis une grave erreur dans mon tertio. Encore une preuve que je surréagis souvent ici.

    Ce n’est pas le cas. Certaines personnes, qu’elles soient des théoriciens ou non, font des délires déconnectés de l’expérience. Ce n’est pas le fan de Science-Fiction que je suis qui dirait que ce n’est pas intéressant. C’est intéressant tant qu’elles n’essaient pas de les faire passer pour des faits. Dans ce cas ça peut poser des problèmes.

    Comment veux-tu qu’on discute si quand on parle théorie, tu réponds "Science-fiction" ? C’est de la provoc’ gratuite … C’est incroyable de connaître aussi mal, d’un point de vue technique comme scientifique, ce qu’est la "théorie" et en même temps de critiquer avec autant de virulence les approches théoriques.

    Je ne vois pas ce que ça a à faire avec l’interface physique/biologie, sauf pour certains aspects de modélisation où des physiciens sont impliqués.

    Ah oui, c’est vrai, les physiciens ne sont bons qu’à faire de la modélisation. Cf point ci-dessus sur ta connaissance de la théorie.

    Je te laisse le dernier mot, j’ai des trucs à faire cette semaine.

  8. #8 par Oldcola le août 31, 2008 - 6:29  

    Je garde le dernier mot : merci

  9. #9 par Schizodoxe le septembre 1, 2008 - 8:28  

    "L’expérience est nécessaire pour filtrer les rationalisations trompeuses. Sauf si on se complaît dans l’erreur. "

    Je ne suis pas du tout en désaccord avec cela, mais si une expérience peut prouver que quelque chose est faux, elle me semble difficilement être fondée à dire le vrai, car elle reste quelque chose d’artificiel où les conditions requises au succès sont réunies a priori (c’est une ruse de la raison (et pas toujours de la raison très pure) que de créer des conditions pour sa propre vérification).

    Ce qui est amusant, c’est que j’ai écrit cette phrase en ayant dans l’esprit la défense du darwinisme. Le darwinisme est un raisonnement qui rend compte du réel, pas le résultat d’une expérience de laboratoire (j’insiste, encore une fois, sur le caractère personnel de ma position et aussi sur le fait que je n’ai pas formation scientifique) si une théorie scientifique rend compte du réel et s’il y a possibilité de la confronter à des expériences qui peuvent, ponctuellement, infirmer tel ou tel point de ladite théorie, cette théorie est valide (cette validité est donc doublement conditionnelle : aux faits observés et aux expériences ponctuelles sur certains de ses aspects).

    Je ne veux pas me lancer dans ce débat auquel il me faudrait réfléchir et dans lequel je n’aurais pas vraiment ma place. Peut-être s’agit-il simplement de ma part d’une erreur de vocabulaire, mais une chose est sûre, c’est que vous commettez une grave erreur en croyant voir chez moi l’exemple d’une pensée théologique. Je vous ai dit que j’avais une formation théologique, en effet, et je suis historien de l’Eglise. Cela dit, je suis athée, matérialiste et moniste. Je ne précise ma formation, en général, que pour expliquer mon énervement à l’égard de certaines personnes qui ne respectent ni les faits historiques, ni ne comprennent les raisonnements passés et leur contexte.

    Vous savez, j’ai entendu des personnes assez intelligentes et avec une honorable formation scientifique vouloir m’expliquer, à moi historien, que l’Eglise avait brûlé Galilée parce qu’il refusait d’admettre que la Terre était plate, par exemple…

    Pour conclure et pour reformuler mieux la phrase que vous citez pour la dénoncez : je maintiens qu’il y a de la science là où il y a du savoir rationnel ; que ce savoir rationnel doit rendre compte des phénomènes observés ; et que les expériences de laboratoire ne peuvent jouer qu’un rôle négatif et qu’elles deviennent trompeuses si l’on veut construire quelque chose de positif à partir d’elles.

    Enfin, bon, comme je l’ai dit, j’ai conscience de mes limites en la matière et je n’ai pas de position véritablement arrêtée pour l’instant. En tout cas, j’ose espérer que votre anticléricalisme naturel vous poussera à ne pas utiliser Mendel et ses pois contre l’argumentation précédente :)

  10. #10 par Oldcola le septembre 1, 2008 - 10:27  

    Salut Schizodoxe,

    Merci pour ton commentaire. Promis, pas de Grégor et des pois ridés entre nous.

    Les deux premiers paragraphes du post me concernent :-) J’aurais eu du mal à te considérer comme "théologique" après avoir visité ton blog.
    Je n’ai pas collé le fameux "la chance ne sourit qu’aux esprits préparés" mais j’étais pas loin de le faire.

    Je me dis que j’utilise le terme "expérience" de façon particulière, pour signifier "observation" et "expérimentation". Il semble qu’il n’y a pas de différence de point de vue, ce point étant explicité.
    L’expérimentation peut effectivement porter des biais introduits par la personne qui la met en place, essentiellement des omissions d’observation de secteurs qui ne l’arrangent pas et une exagération des points qui pourraient confirmer une théorie, notamment en brassant la chaîne de causalité à sa convenance lors de l’interprétation des observations.

    Naïvement, je pars du principe qu’un expérimentateur essaie d’introduire le moins possible de ses préjugés dans le montage d’une manip. C’est peut-être parce que je fréquente beaucoup de gens qui sont dans ce cas. Heh, chacun ses biais.

    Une remarque d’ordre général : je ne pense pas qu’il faille restreindre aux scientifiques la façon d’aborder le monde de façon rationnelle; il leur revient de définir la méthode scientifique et la définition de termes comme "théorie" dans le cadre de leur travail.
    Mais ils (nous) bénéficient largement des idées qui viennent d’autres domaines que la Science, et ça serait dommage que des propositions de l’extérieur ne soient pas entendues. Ce qui ne signifie pas qu’elle soient suivies ou même prises en compte, sinon on passerait notre temps à réécrire le dictionnaire pour faire plaisir à Staune :-)

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