Eugénisme Nazi, Darwin, Platon et Aristote

Le commentaire de Timothée sur les réactions de PZ Myers face à Expelled: No Intelligence Allowed, m’a fait sourire dans un premier temps, puis en y réfléchissant un peu plus je me suis dit que ça vaudrait la peine de reprendre cette affaire de l’eugénisme.

ou pire encore, ce que fait Myers, en critiquant un film qu’il n’a pas vu.

D’abord, je m’attribue un point Godwin négatif à moi-même pour ce post, mon propos partant des Nazis pour aller vers un autre point de l’histoire, que les créationnistes de tout poil semblent ignorer dans leurs discours et que les non créationnistes ne relèvent pas assez souvent.

Que PZ critique un documentaire qui tente de decrédibiliser connement une théorie scientifique (darwinisme) sous prétexte que des psychopathes (Nazis) l’ont utilisée comme justification pour leurs crimes me semble une excellente chose et j’applaudis fortement. Ceci étant dit, le buzz qu’à fait PZ a commencé quand les huiles du documentaire lui ont refusé de participer à une projection. En laissant passer Richard Dawkins, dont la critique a été publiée a prosteriori.
Remarquons que PZ est présent dans le documentaire, une interview qui semble un peu charcutée d’ailleurs, obtenue sous un prétexte fallacieux. Je trouve qu’il a très bien fait de râler. Et je ne pense pas qu’il y a besoin de voir le documentaire pour critiquer cette idée particulière qu’il véhicule.

D’après le Disco Institute et Ben Stein, Darwin aurait justifié l’eugénisme ? 🙂

Avez-vous vu 300 ? Les valeureux et braves spartiates qui ont fait front à l’armée des perses ? Avez-vous applaudi leur courage et leur altruisme pour sauver leurs femmes et enfants ? Si oui, vous avez applaudi des eugénistes tueurs d’enfants handicapées, mentaux ou physiques. Ils les balançaient du haut d’une falaise. Excellente source d’inspiration pour une société militarisée, légèrement antérieure à Darwin c’est vrai.

Mais on ne va pas rester à ces brutes de spartiates n’est-ce pas ? Considérons des hommes plus nobles.

Pourquoi pas Aristote ou Platon ?

Les deux étaient eugénistes. C’est vrai qu’ils étaient plus pour les mariages arrangés entre les meilleurs spécimens de la race, plutôt que des tueries de bébés. Lisons donc ce cher Platon (en deuxième partie, je continue ici) et son plan de contrôle des naissances et de gestion des bébés et de ceux qui auraient eu des enfants sans que ça soit approuvé par l’élite de la République, dont le rôle aurait été éminemment manipulateur.

Ben Stein aurait pu aussi bien accuser Platon d’avoir inspiré les dérives eugénistes du XXème siècle, le discours de ce cher philosophe étant plus proche des idéologies eugénistes national-socialistes allemandes ou marxistes, que le discours de Darwin.

Et on ne devrait pas le critiquer quand il fait le court-circuit : le darwinisme a conduit au nazisme ? Malgré le fait qu’on n’a pas vu le documentaire ? Ceci ne suffit pas ?
Moi ça me suffit amplement. Et il semble qua ça a suffi à PZ aussi.


Et ci-dessous la deuxième partie, droit sortie de la République de Platon (n’ayez pas peur du grec en première partie, la traduction suit).

Source (traduction vérifiée par moi-même, ahuri d’être encore capable de lire dans le texte avec une telle aisance; mes respects à mes profs de grec ancien). Le texte est de la République, livre V.

Δεῖ μέν, εἶπον, ἐκ τῶν ὡμολογημένων τοὺς ἀρίστους ταῖς ἀρίσταις συγγίγνεσθαι ὡς πλειστάκις, τοὺς δὲ φαυλοτάτους ταῖς φαυλοτάταις τοὐναντίον, καὶ τῶν μὲν τὰ ἔκγονα τρέφειν, τῶν δὲ μή, εἰ μέλλει τὸ ποίμνιον ὅτι ἀκρότατον εἶναι, καὶ ταῦτα πάντα γιγνόμενα λανθάνειν πλὴν αὐτοὺς τοὺς ἄρχοντας, εἰ αὖ ἡ ἀγέλη τῶν φυλάκων ὅτι μάλιστα ἀστασίαστος ἔσται.

᾿Ορθότατα, ἔφη.

Οὐκοῦν δὴ ἑορταί τινες νομοθετητέαι ἐν αἷς συνάξομεν τάς τε νύμφας καὶ τοὺς νυμφίους καὶ θυσίαι, καὶ ὕμνοι ποιητέοι τοῖς ἡμετέροις ποιηταῖς πρέποντες τοῖς γιγνομένοις γάμοις· τὸ δὲ πλῆθος τῶν γάμων ἐπὶ τοῖς ἄρχουσι ποιήσομεν, ἵν’ ὡς μάλιστα διασῴζωσι τὸν αὐτὸν ἀριθμὸν τῶν ἀνδρῶν, πρὸς πολέμους τε καὶ νόσους καὶ πάντα τὰ τοιαῦτα ἀποσκοποῦντες, καὶ μήτε μεγάλη ἡμῖν ἡ πόλις κατὰ τὸ δυνατὸν μήτε σμικρὰ γίγνηται.

᾿Ορθῶς, ἔφη.

Κλῆροι δή τινες οἶμαι ποιητέοι κομψοί, ὥστε τὸν φαῦλον ἐκεῖνον αἰτιᾶσθαι ἐφ’ ἑκάστης συνέρξεως τύχην ἀλλὰ μὴ τοὺς ἄρχοντας.

Καὶ μάλα, ἔφη.

Καὶ τοῖς ἀγαθοῖς γέ που τῶν νέων ἐν πολέμῳ ἢ ἄλλοθί που γέρα δοτέον καὶ ἆθλα ἄλλα τε καὶ ἀφθονεστέρα ἡ ἐξουσία τῆς τῶν γυναικῶν συγκοιμήσεως, ἵνα καὶ ἅμα μετὰ προφάσεως ὡς πλεῖστοι τῶν παίδων ἐκ τῶν τοιούτων σπείρωνται.

᾿Ορθῶς.

Οὐκοῦν καὶ τὰ ἀεὶ γιγνόμενα ἔκγονα παραλαμβάνουσαι αἱ ἐπὶ τούτων ἐφεστηκυῖαι ἀρχαὶ εἴτε ἀνδρῶν εἴτε γυναικῶν εἴτε ἀμφότερα -κοιναὶ μὲν γάρ που καὶ ἀρχαὶ γυναιξί τε καὶ ἀνδράσιν –

Ναί.

Τὰ μὲν δὴ τῶν ἀγαθῶν, δοκῶ, λαβοῦσαι εἰς τὸν σηκὸν οἴσουσιν παρά τινας τροφοὺς χωρὶς οἰκούσας ἔν τινι μέρει τῆς πόλεως· τὰ δὲ τῶν χειρόνων, καὶ ἐάν τι τῶν ἑτέρων ἀνάπηρον γίγνηται, ἐν ἀπορρήτῳ τε καὶ ἀδήλῳ κατακρύψουσιν ὡς πρέπει.

Εἴπερ μέλλει, ἔφη, καθαρὸν τὸ γένος τῶν φυλάκων ἔσεσθαι.

Οὐκοῦν καὶ τροφῆς οὗτοι ἐπιμελήσονται τάς τε μητέρας ἐπὶ τὸν σηκὸν ἄγοντες ὅταν σπαργῶσι, πᾶσαν μηχανὴν μηχανώμενοι ὅπως μηδεμία τὸ αὑτῆς αἰσθήσεται, καὶ ἄλλας γάλα ἐχούσας ἐκπορίζοντες, ἐὰν μὴ αὐταὶ ἱκαναὶ ὦσι, καὶ αὐτῶν τούτων ἐπιμελήσονται ὅπως μέτριον χρόνον θηλάσονται, ἀγρυπνίας δὲ καὶ τὸν ἄλλον πόνον τίτθαις τε καὶ τροφοῖς παραδώσουσιν;

Πολλὴν ῥᾳστώνην, ἔφη, λέγεις τῆς παιδοποιίας ταῖς τῶν φυλάκων γυναιξίν.

Πρέπει γάρ, ἦν δ’ ἐγώ. τὸ δ’ ἐφεξῆς διέλθωμεν ὃ προυθέμεθα. ἔφαμεν γὰρ δὴ ἐξ ἀκμαζόντων δεῖν τὰ ἔκγονα γίγνεσθαι.

᾿Αληθῆ.

῏Αρ’ οὖν σοι συνδοκεῖ μέτριος χρόνος ἀκμῆς τὰ εἴκοσι ἔτη γυναικί, ἀνδρὶ δὲ τὰ τριάκοντα;

Τὰ ποῖα αὐτῶν; ἔφη.

Γυναικὶ μέν, ἦν δ’ ἐγώ, ἀρξαμένῃ ἀπὸ εἰκοσιέτιδος μέχρι τετταρακονταέτιδος τίκτειν τῇ πόλει· ἀνδρὶ δέ, ἐπειδὰν τὴν ὀξυτάτην δρόμου ἀκμὴν παρῇ, τὸ ἀπὸ τούτου γεννᾶν τῇ πόλει μέχρι πεντεκαιπεντηκονταέτους.

᾿Αμφοτέρων γοῦν, ἔφη, αὕτη ἀκμὴ σώματός τε καὶ φρονήσεως.

Οὐκοῦν ἐάντε πρεσβύτερος τούτων ἐάντε νεώτερος τῶν εἰς τὸ κοινὸν γεννήσεων ἅψηται, οὔτε ὅσιον οὔτε δίκαιον φήσομεν τὸ ἁμάρτημα, ὡς παῖδα φιτύοντος τῇ πόλει, ὅς, ἂν λάθῃ, γεννήσεται οὐχ ὑπὸ θυσιῶν οὐδ’ ὑπὸ εὐχῶν φύς, ἃς ἐφ’ ἑκάστοις τοῖς γάμοις εὔξονται καὶ ἱέρειαι καὶ ἱερεῖς καὶ σύμπασα ἡ πόλις ἐξ ἀγαθῶν ἀμείνους καὶ ἐξ ὠφελίμων ὠφελιμωτέρους ἀεὶ τοὺς ἐκγόνους γίγνεσθαι, ἀλλ’ ὑπὸ σκότου μετὰ δεινῆς ἀκρατείας γεγονώς.

᾿Ορθῶς, ἔφη.

῾Ο αὐτὸς δέ γ’, εἶπον, νόμος, ἐάν τις τῶν ἔτι γεννώντων μὴ συνέρξαντος ἄρχοντος ἅπτηται τῶν ἐν ἡλικίᾳ γυναικῶν· νόθον γὰρ καὶ ἀνέγγυον καὶ ἀνίερον φήσομεν αὐτὸν παῖδα τῇ πόλει καθιστάναι.

᾿Ορθότατα, ἔφη.

῞Οταν δὲ δὴ οἶμαι αἵ τε γυναῖκες καὶ οἱ ἄνδρες τοῦ γεννᾶν ἐκβῶσι τὴν ἡλικίαν, ἀφήσομέν που ἐλευθέρους αὐτοὺς συγγίγνεσθαι ᾧ ἂν ἐθέλωσι, πλὴν θυγατρὶ καὶ μητρὶ καὶ ταῖς τῶν θυγατέρων παισὶ καὶ ταῖς ἄνω μητρός, καὶ γυναῖκας αὖ πλὴν ὑεῖ καὶ πατρὶ καὶ τοῖς τούτων εἰς τὸ κάτω καὶ ἐπὶ τὸ ἄνω, καὶ ταῦτά γ’ ἤδη πάντα διακελευσάμενοι προθυμεῖσθαι μάλιστα μὲν μηδ’ εἰς φῶς ἐκφέρειν κύημα μηδέ γ’ ἕν, ἐὰν γένηται, ἐὰν δέ τι βιάσηται, οὕτω τιθέναι, ὡς οὐκ οὔσης τροφῆς τῷ τοιούτῳ.

Καὶ ταῦτα μέν γ’, ἔφη, μετρίως λέγεται· πατέρας δὲ καὶ θυγατέρας καὶ ἃ νυνδὴ ἔλεγες πῶς διαγνώσονται ἀλλήλων;

Οὐδαμῶς, ἦν δ’ ἐγώ· ἀλλ’ ἀφ’ ἧς ἂν ἡμέρας τις αὐτῶν νυμφίος γένηται, μετ’ ἐκείνην δεκάτῳ μηνὶ καὶ ἑβδόμῳ δὴ ἃ ἂν γένηται ἔκγονα, ταῦτα πάντα προσερεῖ τὰ μὲν ἄρρενα ὑεῖς, τὰ δὲ θήλεα θυγατέρας, καὶ ἐκεῖνα ἐκεῖνον πατέρα, καὶ οὕτω δὴ τὰ τούτων ἔκγονα παίδων παῖδας, καὶ ἐκεῖν’ αὖ ἐκείνους πάππους τε καὶ τηθάς, τὰ δ’ ἐν ἐκείνῳ τῷ χρόνῳ γεγονότα, ἐν ᾧ αἱ μητέρες καὶ οἱ πατέρες αὐτῶν ἐγέννων, ἀδελφάς τε καὶ ἀδελφούς, ὥστε, ὃ νυνδὴ ἐλέγομεν, ἀλλήλων μὴ ἅπτεσθαι. ἀδελφοὺς δὲ καὶ ἀδελφὰς δώσει ὁ νόμος συνοικεῖν, ἐὰν ὁ κλῆρος ταύτῃ συμπίπτῃ καὶ ἡ Πυθία προσαναιρῇ.

J’avais commencé à souligner certains points, pour être certain que vous n’allez pas les louper. Comme je suis à la troisième lecture du texte et que je commence à avoir envie de vomir, je vous laisse tout lire. Si Adolf me disait que c’est Platon qui l’avait inspiré je l’aurais cru volontiers, ayant ce texte en tête. Platon, légèrement postérieur à Darwin aussi. Et des philosophes que Jean Staune prise (formes platoniciennes γάρ).

Il faut, selon nos principes, rendre les rapports très fréquents entre les hommes et les femmes d’élite, et très rares, au contraire, entre les sujets inférieurs de l’un et de l’autre sexe; de plus, il faut élever les enfants des premiers et non ceux des seconds, si l’on veut que le troupeau atteigne à la plus haute perfection; et toutes ces mesures devront rester cachées, sauf aux magistrats, pour que la troupe des gardiens soit, autant que possible, exempte de discorde.

Très bien.

Donc, nous instituerons des fêtes, où nous rassemblerons fiancés et fiancées, avec accompagnement de sacrifices et d’hymnes que nos poètes composeront en l’honneur des mariages célébrés. Pour ce qui est du nombre des mariages, nous laisserons aux magistrats le soin de le régler de telle sorte qu’ils maintiennent le même nombre d’hommes – eu égard aux pertes causées par la guerre, les maladies et autres accidents – et que notre cité, dans la mesure du possible, ne s’agrandisse ni ne diminue.

Bien, dit-il.

Nous organiserons, j’imagine, quelque ingénieux tirage au sort, afin que les sujets médiocres qui se trouveront écartés accusent, à chaque union, la fortune et non les magistrats.

Parfaitement.

Quant aux jeunes gens qui se seront signalés à la guerre ou ailleurs, nous leur accorderons, entre autres privilèges et récompenses, une plus large liberté de s’unir aux femmes, pour qu’il y ait prétexte à ce que la plupart des enfants soient engendrés par eux.

Tu as raison.

Les enfants, à mesure qu’ils naîtront, seront remis entre les mains de personnes chargées d’en prendre soin, hommes, femmes, ou bien hommes et femmes réunis; car les charges sont communes à l’un et à l’autre sexe.

Oui.

Ces préposés porteront les enfants des sujets d’élite au bercail, et les confieront à des nourrices habitant à part dans un quartier de la ville. Pour les enfants des sujets inférieurs, et même ceux des autres qui auraient quelque difformité, il les cacheront en un lieu interdit et secret, comme il convient.

… Si l’on veut conserver sa pureté à la race des gardiens, ajouta-t-il.

Ils veilleront aussi à la nourriture des enfants, conduiront les mères au bercail, à l’époque où leurs seins se gonflent de lait, et mettront en oeuvre tous les moyens possibles pour qu’aucune d’elles ne reconnaisse sa progéniture. Si les mères ne suffisent pas à l’allaitement ils se procureront d’autres femmes pour cet office. Dans tous les cas ils auront soin qu’elles n’allaitent que pendant un temps mesuré, et ils chargeront des veilles et de tout pénible travail les nourrices et les gouvernantes.

Tu rends la maternité bien facile, dit-il, aux femmes des gardiens.

Il convient en effet qu’elle le soit. Mais poursuivons l’exposé de notre plan. Nous avons dit que la procréation des enfants devait se faire à la fleur de l’âge.

C’est vrai.

Or ne te semble-t-il pas que la durée moyenne de la fleur de l’âge est de vingt ans pour la femme et de trente ans pour l’homme?

Mais comment places-tu ce temps pour chaque sexe? demanda-t-il.

La femme, répondis-je, enfantera pour la cité de sa vingtième à sa quarantième année; l’homme, « après avoir franchi la plus vive étape de sa course », engendrera pour la cité jusqu’à cinquante-cinq ans.

Pour l’un et pour l’autre c’est en effet le temps de la plus grande vigueur de corps et d’esprit.

Si donc un citoyen ou plus vieux ou plus jeune se mêle de l’oeuvre commune de génération, nous le déclarerons coupable d’impiété et d’injustice, car il donne à l’État un enfant dont la naissance secrète n’a pas été placée sous la protection des prières et des sacrifices que les prêtresses, les prêtres et toute la cité offriront pour chaque mariage, afin que d’hommes bons naissent des enfants meilleurs, et d’hommes utiles des enfants plus utiles encore; une pareille naissance, au contraire, sera le fruit de l’ombre et de la terrible incontinence.

Bien.

La même loi est applicable à celui qui, encore dans l’âge de la génération, toucherait à une femme, en cet âge également, sans que le magistrat les ait unis. Nous déclarerons qu’un tel homme introduit dans la cité un bâtard dont la naissance n’a été ni autorisée, ni sanctifiée.

Fort bien.

Mais lorsque l’un et l’autre sexe aura passé l’âge de la génération, nous laisserons les hommes libres de s’unir à qui ils voudront, hormis leurs filles, leurs mères, leurs petites-filles et leurs aïeules; et les femmes de même, hormis leurs fils, leurs pères et leurs parents en ligne directe, descendante ou ascendante. Nous leur accorderons cette liberté après leur avoir recommandé de prendre toutes les précautions possibles pour que nul enfant, fruit de ces unions, ne voie le jour, et, s’il en est un qui se fraie de force sa route vers la lumière, de disposer de lui en tenant bien compte que la cité ne se charge pas de le nourrir.

Tes propos sont raisonnables, dit-il; mais comment distingueront-ils leurs pères, leurs filles, et les autres parents dont tu viens de parler?

Ils ne les distingueront pas, répondis-je. Mais tous les enfants qui naîtront du septième au dixième mois, à partir du jour où l’on aura marié un gardien, seront appelés par lui, ceux de sexe masculin fils, ceux de sexe féminin filles, et l’appelleront père; il nommera les enfants de ceux-ci petits-fils : eux, à leur tour, le nommeront grand-père, lui et ses compagnons de mariage, et nommeront grand’mères leurs compagnes; enfin tous ceux qui seront nés dans le temps où leurs pères et leurs mères donnaient des enfants à la cité se traiteront de frères et de soeurs, de manière, comme nous l’avons dit, à ne point contracter d’unions entre eux. Toutefois, la loi permettra aux frères et aux soeurs de s’unir si pareil mariage est décrété par le sort, et approuvé en outre par la Pythie.

Ah ! La république platonicienne… 🙂

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  1. #1 par Nox le avril 14, 2008 - 10:24

    Pour ce qui est du détournement de la théorie de l’évolution par des idéologies, il faut noter que Francis GALTON a joué un rôle…
    Même s’il a beaucoup fait pour la psychologie (stat’, différentielle… Mais bon, c’était un homme qui oubliait le rôle du milieu), il a prôné un eugénisme « positif » basé sur une mauvaise lecture / interprétation / inférence de Darwin (sciemment…) et sur laquelle les nazis ont fondés une partie de leurs principes au départ.

    Dommage, sans ça il aurait pu devenir une icône de la psycho actuelle…

  2. #2 par Oldcola le avril 14, 2008 - 10:27

    Bah ! mes préférences vont aux grecs 🙂 Chauvinisme oblige 😛

  3. #3 par Oldcola le avril 14, 2008 - 3:52

    Nox,
    j’avais pas le temps pour répondre ce matin.

    Je connais le rôle de Galton dans les dérives de l’eugénisme.

    Je me demande quelle a été l’influence d’Aristote et de Platon sur la pensée de Galton, entre autres, y compris les éminences nazis, sachant quelle est l’influence des deux mêmes dans certains courants de pensée actuelle, téléologie et formes platoniciennes par exemple.

    Et n’oublions pas que je suis un eugéniste convaincu, pour la thérapie génique par exemple, y compris la transmission des transgènes à travers la lignée germinale. 😉
    Même si ça n’a rien à voir avec le darwinisme.

  4. #4 par patrick.auzat-magne le avril 18, 2008 - 7:53

    C’est intéressant tout cela.

    Mais il est impossible de taxer les textes de Platon d’Eugénisme Nazi car il faudrait retourner l’Histoire comme le doigt d’un gant.

    Il faut, peut-être, taxer cela d’Eugénisme Spartiate ayant inspiré les suivants. Ils possédaient même des armées d’esclaves.

    Peut-on, avec un recul de plus de 2000 ans, juger ces humains qui se débattaient dans un autre monde que le notre.

    Si eux-mêmes avaient la possibilité de juger les 100 dernières années de « progrès » destructeurs pour le monde sur lequel nous vivons, ils iraient, peut-être, se suicider.

    donc, c’est ridicule de partir des Nazis pour essayer de faire correspondre les Grecs et leurs philosophes à nos critères parfois débiles d’aujourd’hui.

    Si l’Humain a fait de grandes découvertes, au delà de l’entendement, en si peu de temps; il a , en contre partie, largement contrebalancé cette Evolution par une barbarie toujours plus sophistiquée.

    Aujourd’hui, nous n’avons plus besoin réellement d’envahir un pays, il suffit de l’affamer et de l’assècher.

    Nous commettons plus de crimes barbares que les « méchants » Spartiates.
    Destructions des espèces vivantes, qu’elles soient animales ou florales, massives.

    La majorité de la population mondiale est citadine, et se déplace en automobile.
    Ces gens ne savent plus marcher, ne savent plus faire d’efforts physiques.
    Un spartiate pouvait parcourir des kilomètres en sandales sans se plaindre.

    Aujourd’hui, le moindre effort fait geindre le moindre citadin qui est en fait une grosse feignasse.

    Il tellement plus facile d’appuyer sur un bouton, sans faire l’effort de le faire soi-même.

    L’Humanité est devenue pitoyable.

    Porter l’anathème sur Platon ou tout autre philosophe de cette époque (parfois critiquable au sens que nous ne devons pas refaire certaines erreurs) est seulement crétin.

    Un peu comme si nous hurlions sur un enfant de deux ans qui n’aurait pas compris la Théorie de la Relativité – d’ailleurs, combien autour de vous la connaisse et l’ont comprise ? –

    Bien sûr, il n’est pas interdit de relever des similitudes entre les choix de vie des ces hommes antiques, et nos contemporains récents, mais de grâce ne les jugez pas outre mesure.

    Il n’est pas certain que 7000 hommes d’aujourd’hui en 3 jours résistent à autant d’assaillants, avec les mêmes armes de l’époque.
    Pourquoi, parce que ces hommes ont dévoué leurs âmes et leurs corps à l’Art de la Guerre.
    Et ce n’est pas avec l’entraînement d’une zappette, ou la pratique d’un volant, que nous serions capables de résister.
    J’ai trop vu de glandus, au service militaire, qui pleuraient leur mère.

    Ces hommes avaient un esprit forgé pour ce genre de confrontations.

    Aujourd’hui, nous voyons bien, dans cette actualité des Jeux Olympiques, comment nos sportifs se déballonnent à propos d’une prise de position éthique, d’un badge à porter, etc.

    Des lâches et des mous du bulbe.

    « Il ne faut rien faire, sinon nous allons perdre des contrats! »

    Ah, la belle affaire !!!

    Nous n’apprenons rien, et nous refaisons nos Munichois tous les 10 ans.

    Les Spartiates et Platon doivent bien rire.

    L’Eugénisme, à leur époque, était le moyen de limiter la prolifération de l’espèce Humaine.

    Malheureusement, le contrôle des naissances ne s’est pas fait partout sur la Planête. Aujourd’hui, 6 milliards et demi d’individus d’une espèce arrogante et nuisible.
    Bientôt 9 milliards.

    Que mangerons-nous Demain ?

    De l’être humain.

    Le fameux Soleil Vert ?

    bonne journée. Demain sera un autre jour.

    ***************************************

  5. #5 par Oldcola le avril 18, 2008 - 8:05

    Bonjour Patrick,

    Je ne pense pas avoir taxé Platon d’eugénisme nazi.
    Par contre, Platon a pu influencer les options philosophiques des apologistes de l’eugénisme façon nazi.
    Pseudo-justifiés par la science pour que l’étiquette soit porteuse.

    Ma question ici est pourquoi s’en rendre à Darwin plutôt qu’à Platon, qui est toujours admiré, surtout par les milieux créationniste, de nos jours 🙂

    Enfin, Platon n’est pas plus raciste que le dieu de la Bible et il est clairement moins sanguinaire et cruel.

    Personnellement je ne me sens pas aussi barbare que les spartiates. (je suis littéralement athénien, ce qui n’est pas très brillant non plus 😦 )
    Par contre je me sens entouré de barbares de différentes moutures.

  6. #6 par patrick.auzat-magne le avril 24, 2008 - 6:24

    En fait, faire figurer  » Eugénisme Nazi, Darwin, Platon et Aristote » dans la même phrase est vraisemblablement une erreur.

    Les NAZIs et leurs affidés ont souvent ré-interprété la pensée des uns et des autres.
    D’ailleurs comme les créationnistes.
    Opposer la Bible et Platon est aussi, à mon avis, une erreur.
    Platon est un homme, avec ses qualités et ses défauts.
    La Bible est une invention récente de plusieurs auteurs, et dont l’intention est de manipuler une masse humaine, comme le fut le petit livre rouge du Grand Timonier Máo Zédōng.
    Platon signe ses œuvres, les autres se cachent, comme ils voilent leurs pensées et leur but ultime.

    Aujourd’hui, nous avons des dirigeants, Bush, Sarkozy, Poutine qui pratiquent les mêmes méthodes pour s’adresser à leurs peuples, et les résultats identiques.
    Un aveuglement et un a-plat-ventrisme.

    Je ne remonterai pas certainement à Platon pour expliquer les choix eugénistes des Nazis.
    Avant les nazis, il existait la tentation de l’eugénisme.
    L’eugénisme existera encore après.
    C’est malheureusement, dans la nature de l’Homme de vouloir éliminer ce qui lui est différent ou qu’il ne comprend pas.
    Nous savons que les britanniques avaient construit les premiers camps de concentration pour les Boers, pendant leur conquête de l’Afrique du Sud.
    Et longtemps après, l’Apartheid a survécut.
    Les Nazis n’ont rien inventé, ils ont juste amplifié ce qui existait dans les esprits; et c’est pour cela que beaucoup en France ont laissé faire les rafles de juifs, qu’en Allemagne, les allemands avaient connaissance des camps de concentration, et ont laissé faire.
    Il faut se rappeler qu’après la Première Guerre Mondiale, beaucoup de groupes et de ligues fascistes sévissaient en France et en Europe contre la Liberté, et les humains qui étaient différents.
    Je ne crois pas que cette masse décérébrée et grouillante ait lu Platon, Darwin ou d’autres.

    D’ailleurs, je ne crois pas que les personnes que nous retrouvons chez certains groupes de supporters de football qui ont des comportements identiques aient cette culture.

    Je ne crois pas que si nous avions parlé avec un noble spartiate, celui aurait accepté le terme de barbare.
    Pour les Grecs, les barbares étaient les autres hors de Grèce.

    Sparte était une société militaire, et Athènes une société de marins et de commerçants.
    Tout cela dans un esprit féodal.

    Les Uns et les Autres avaient leurs esclaves, et leurs métèques.

    Je prends la Grèce Ancienne dans sa totalité avec tous ses défauts.
    Et je ne crois pas que dans certains domaines, notre société contemporaine puisse donner des leçons à nos Anciens.

    Patrick AUZAT-MAGNE
    Pau, Jeudi 24 avril 2008

  7. #7 par Oldcola le avril 25, 2008 - 1:38

    Salut Patrick,

    La virgule est après Nazi, pour rendre le tire plus clair : « eugénisme Nazi », Darwin, Platon et Aristote.
    Je ne vois pas pourquoi c’est une erreur de les considérer avec une quelconque connexion.

    Darwin est accusé par les créationnistes qui ne supportent pas sa théorie sur l’évolution, d’être à l’origine de l’eugénisme nazi.

    Platon et Aristote étaient tous les deux eugénistes. Pour le cas de Platon j’ai donné un de ses textes, qu’il signe comme vous dites, qui le montre clairement. Les créationnistes encore aujourd’hui se réclament de Platon, non pas pour ses connexions avec la Bible, mais pour sa caverne et ses formes. Très téléologiste le père Platon, Aristote un peu plus même.

    J’ai eu tort de traiter les spartiates de barbares dans mon précédant commentaire. Ceci dit, les nobles spartiates évoqués je ne les porte pas dans mon coeur non plus. OK, ce n’étaient pas des barbares, mais des hellènes, eugénistes quand même au point de faire du nettoyage sec chez eux.

    L’eugénisme existe encore de nos jours et il est assez actif je trouve. OK, on ne tue pas les gens, on essaie de les soigner. On fait tout pour que la thérapie génique aboutisse, que les cellules souches suppléaient aux déficiences génétique sinon.
    De même on évite les naissances de trisomiques ou des enfants mal-formés, par IVG.
    Il y a les tests génétiques prénuptiaux, obligatoires dans certains pays, pour certaines maladies. Tiens, par exemple, la Grèce pour la thalassémie.

    C’est bel et bien de l’eugénisme, mais on évite le mot à cause des connotations historiques négatives.
    L’humanisme est passé là où la religion n’a pas su faire. Et la technique aussi.

    La Grèce Ancienne n’a jamais existé 🙂 Il y avait bien des hellènes qui avaient une langue commune, mais pas de pays au sens de l’Hellas de nos jours. Ainsi je ne sais pas quelle est la totalité à laquelle vous faites référence.

    Quant à nos Anciens je pense qu’il y en aurait eu beaucoup, et dans tous les domaines, qui auraient aimé disposer des mêmes données/connaissances que nous.

  8. #9 par Oldcola le novembre 18, 2009 - 1:36

    🙂 Je reviendrai sur le sujet Ben, d’ici quelques jours, en parlant du TNBI de Staune.

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