Papoter avec un gorille n’est pas des choses habituelles, et peu ont la chance d’être impliqués dans des telles activités. J’avoue que je ne suis pas enclin à m’y mettre, ne serais-ce que par flemme pour apprendre le langage des signes. Ma seule aventure avec une sourde-muette ayant bénéficié largement des possibilités qu’offrent les Palm pour se parler. J’avais pris l’habitude de “beamer des notes” autour de tables de négociation/discussion
Le sujet vient de la velléité des espagnols à attribuer des droits à certains primates autres que H. sapiens, suite au Great Ape Project. Des droits qui vont plus loin que les lois qui protègent les animaux en général, que ce soit les animaux de laboratoire ou les membres d’espèces en voie de disparition. Ou encore par périodes des animaux qui en d’autres moments de l’année deviennent du gibier. Il s’agit là de distinguer des individus, non pas de la façon appliquée aujourd’hui, où le chat est tatoué et a son passeport, avec ses vaccinations notées pour éviter la dissémination de pathogènes (et protéger le chat bien entendu, que la SPA nous dit qu’on doit aimer tellement qu’il faut le stériliser au plus tôt, pour qu’il ne connaisse pas les joies du sex qu’il ne participe pas à l’expansion incontrôlée de l’espèce) et de leur attribuer droit à la vie, la liberté (est-ce qu’ils vont se promener tranquilles ?) et protection des tortures physiques et psychologiques (une espèce d’anti-Guantanamo, presque).
Non, là il s’agit de reconnaître des droits individuels, pouvoir attribuer un tuteur ou un avocat, sans pour autant aller jusqu’au droit de vote
(je suis certain que des personnes qui en jouissent en ont moins le mérite, quoi ? deux fois Bush ? et vous doutez ?)
Il n’est rien dit du droit à l’euthanasie d’après ce que j’ai pu lire, vont finir comme nous autres pauvres H. sapiens à essuyer des refus de disposer de nos droits comme bon nous semble, sur la base d’options philosophiques personnelles de certains.
Je n’ai pas réussi à me faire une idée à ce sujet. J’en a lu un peu, j’en ai discuté beaucoup, je me pose plein de questions. Globalement ça ne me fait ni chaud, ni froid. Je suis plutôt pour un encadrement de la façon dont sont traités les animaux, même si je n’arrive pas à m’émouvoir de la façon dont sont tués les poulets, autrement qu’à cause de mes soupçons que la viande stressée pourrait ne pas être aussi bonne que je le souhaiterais. Mais il faut dire que la meilleure façon d’avoir du bon Fried Chicken est de se le préparer soi-même. Si possible en choisissant le poulet dans la basse-cour et en présidant de toutes les opérations (je sais que ça coupe l’appétit de certain(e)s,mais il faut savoir ce que l’on veut).
Ce qui a été l’étincelle qui a mis ce post en route, c’est la façon dont certains groupes envisagent la chose et un bout de discussion que l’on a eu avec un couple d’amis, le même soir où l’on a déliré au sujet du clonage par téléportation.
Les certains groupes sont des groupes religieux, notamment des groupes chrétiens (e.g.). Le bout de la discussion était plus space, concernant essentiellement les futurs droits des intelligences artificielles, le tout inscrit dans une discussion sur la reconnaissance du soi en tant qu’individu, mais à ce moment nous n’avions pas des données pour considérer les pies.
Les chrétiens sont agacés de voir un pouvoir séculier, dont le contrôle leur échappe, et qui a eu encore récemment des mots avec le pouvoir religieux, attribuer à des animaux (autres que H. sapiens, crée à l’image de Dieu) des droits. Ils pensent que les droits sont divins et attribués par Dieu lui-même. Et qu’il n’y a que l’homme qui a reçu des tels droits. La discussion est très difficile, parce que d’une part l’existence même de ce dispensateur de droits est mise en cause, d’autre part parce que les écritures ne me semblent pas spécifiquement interdire l’attribution de droits aux animaux.
Enfin, certains chrétiens considèrent que c’est là s’engager dans une pente glissante, et sont agacés de voir que leur espèce, H. sapiens, perd un peu plus de son statut particulier dans la création. Non pas seulement ils ont des ancêtres communs avec les gorilles (et l’église n’y voit plus de raisons solides pour s’y opposer), mais maintenant ils risquent d’avoir des droits communs (à cause d’un pouvoir séculaire !). Ils ne voient pas la chose comme un anoblissement des uns, mais comme un avilissement d’eux-mêmes.
Je ne pourrais pas transcrire la discussion comme je l’ai fait pour le clonage, d’une part elle date, d’autre part elle était bien plus animée et je ne voudrais pas risquer de mettre des mots dans la bouche des amis.
Ce que j’ai gardé comme impression est que la première Intelligence Artificielle à nous faire coucou se trouvera mêlée dans un beau bordel. Elle sera précieuse non pas seulement à cause de la primeur, mais aussi à cause de la rareté de l’espèce
. Il est peu probable que des gens qui seront initialement en contact avec elle l’un ou l’autre voudra se servir de la commande ‘kill’ pour arrêter le programme. Il est fort probable que des gens qui en entendront parler il y en ait énormément qui voudront se servir de la même commande ‘kill’ pour se débarrasser de ce cailloux dans leur chaussure.
Dès lors qu’on l’aura identifiée de façon non ambiguë comme une Intelligence, quels seront ses droits ? Et par là, ses obligations ? Est-ce qu’elle aura des droits en fonction de son QI ? La considérera-t-on l’égal du gorille ou du juge ?
J’ai nourri une partie de la discussion des renseignements que j’avais fraîchement glanés à travers ce post. Ca peut paraître étonnant de savoir que l’on considère les pygmées comme du gibier malgré leurs capacités de communication (en dehors de toute connaissance de leur appartenance à notre espèce). Même un poulet qui parle ça ne me viendrait pas à l’esprit de le manger, je considérerais ça comme du cannibalisme, sur la base du partage d’un trait commun. Et j’ai beau être athée, je ne suis pas du genre à manger des bébés au petit déj
Il n’est pas seulement question du complexe de Frankenstein que le Bon Docteur a rendu célèbre avec ces histoire des robots, et qui reste présent dans les oeuvres de Science-Fiction, y compris chez Wall•E. Il s’agit de positionner l’IA dans le système légal, savoir quels seraient ses droits (ou simplement si elle en aurait), si l’utilisation de la commande ‘kill’ pourrait être passible de poursuites judiciaires en dehors du cadre de sa défense (self defense).
Le problème est analogue à celui de Koko, à savoir : qui est habilité à attribuer des droits, et de quels droits doter les intelligences non-humaines ?
Nous sommes tombé d’accord pour dire que les IA devrait être protégées au mieux et que si quelqu’un leur nuit volontairement, et en dehors du besoin de défendre son intégrité physique, les sanctions devraient être graves, proches, sinon pas égales, à celles que quelqu’un encours pour meurtre, plutôt que pour destruction de la propriété d’autrui. Une des raisons que nous avons évoquées était qu’on aimerait avoir l’occasion de papoter avec elles, pour se faire une idée personnelle de leur intelligences, justement. Ca me ramène aux papotages avec les gorilles
Je suis plus intéressé par une discussion avec une IA qu’avec un gorille. Mais je suis certain que pour d’autres l’inverse est vrai. Pour qu’ils aient la possibilité il est peut-être sage de protéger un peu un peu plus de primates, quite à leur attribuer des droits que certains pensent que l’on ne devrait pas leur attribuer. Après tout, les bases de leur raisonnement sont nettement plus invisibes que Koko.
Et opinion personnelle, que je ne sais pas si mes amis partagent, je ne mangerais jamais même un sandwich qui parle.
